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RMI
/ RMA : UN GLISSEMENT REDOUTABLE
REUNION CONSEIL GENERAL DU 16 DECEMBRE 2003
Dans
le cadre de la réforme de la loi le RMI voit son dispositif
modifié et le RMA (Revenu Minimum d’Activité)
prendre forme à compter du 1er janvier 2004.
Date proche pour la mise en application de cette réforme
alors que les décrets d’application ne sont pas encore
publiés.
Dans
ce contexte de mise en place difficile le Conseil Général
des Pyrénées Orientales a rencontré les organisations
syndicales représentatives, le Mardi 16 Décembre 2003,
pour leur expliquer la mise en place du dispositif et les craintes
quant à la finalité de ce RMA. A ce titre SUD Solidaires
66 était présent avec 3 représentants : le
SNUI (Impôts), SUD PTT et SUD Santé Sociaux.
Concernant
le RMI, le dispositif en vigueur continue d’exister mais sa
gestion administrative et financière passent intégralement
sous le contrôle du Conseil Général.
Concernant le point le plus sensible de cette réforme, à
savoir la création du RMA, c’est aussi le Conseil Général
qui en assumera la pleine gestion.
RMI et
RMA s’imbriquent mais diffèrent dans les objectifs
:
Le RMI, Revenu Minimum d’Insertion, a vocation à aider
les titulaires de cette allocation à se réinsérer
dans le monde du travail.
Le RMA, Revenu Minimum d’Activité, n’a aucune
vocation à l’insertion, il permettra seulement de mettre
sur le marché du travail des travailleurs sous payés.
A ce titre le RMA indique clairement la considération que
le pouvoir porte aux travailleurs.
Le RMA
prévoit la mise à disposition des titulaires du RMI
auprès des entreprises privées, le contrat de mise
à disposition étant signé par le président
du Conseil Général.
Pour le Conseil Général des Pyrénées
Orientales sa vocation n’est pas de mettre à disposition
des entreprises de la main d’œuvre bon marché,
la question qui se pose est de savoir si on peut refuser ce dispositif
en ne l’appliquant qu’à la Fonction Publique
(comme les emplois jeunes). Si le Conseil Général
se refuse d’être le pourvoyeur d’un travail gratuit
il a obligation de le faire par la loi.
Dans le cadre de la mise en place du RMA rien ne peut garantir qu’il
n’y aura pas une exploitation des « bénéficiaires
» de ce dispositif, la grande majorité des entreprises
n’étant pas là pour résoudre un problème
social.
Le RMA
sera proposé aux titulaires du RMI depuis plus de 2 ans pour
une durée de 6 mois renouvelable 2 fois. Un contrat RMA pourra
donc durer 18 mois avec à la clé : rien.
L’entreprise n’ayant avec le RMA aucune obligation :
Aucune obligation de garder le salarié (on invente le salarié
Kleenex que le patron peut jeter selon ses besoins),
Aucune obligation de former le salarié durant son contrat
(on maintiendra ainsi une sous qualification qui pèsera sur
le marché du travail),
Aucune obligation de payer dignement le salarié qui continuera
de toucher le RMI, l’entreprise pour un contrat de 20 heures/semaine
ne déboursant que 2 euros de l’heure (l’exploitation
de l’homme pas l’entreprise est ainsi légalisée)
Le projet RMA mis en place par le gouvernement sur la demande du
MEDEF remet au goût du jour l’asservissement envers
l’employeur.
Pour
le titulaire du RMI aucun avantage car il ne sera pas mieux rémunéré
et encore moins inséré qu’avec le RMI et de
plus en cas de refus de 2 propositions de contrats RMA il se verra
exclu du dispositif RMI. Une nouvelle avancée sociale arrive,
la remise en place du STO (Service du Travail Obligatoire), pour
être sûr de bien presser les plus fragiles.
Ce RMA
est enfin un sous contrat de travail car il n’ouvre la constitution
d’aucun droit : pas de droit aux Assedic, pas de droit à
la Sécurité Sociale, pas de droit à la retraite…
Le Conseil
Général ne pourra agir que dans le cadre de la convention
que passera le Conseil Général et les entreprises.
Les décrets n’existent pas et ce que peut demander
la convention est donc très hypothétique. Une seule
certitude il faut se battre pour que la convention mette en place
des obligations à l’encontre des entreprises.
Mettre en place une limitation du nombre de titulaires de RMA dans
une entreprise afin que celles-ci ne soient pas tentées de
remplacer des CDI par des contrats RMA multiples.
Obliger les entreprises à assurer de la formation professionnelle
afin que le nom Insertion retrouve sa place dans ce dispositif.
Obligation pour les entreprises qui renouvellent les contrats RMA
de conserver les titulaires des contrats RMA comme CDI à
l’issu de la période de 18 mois.
Mettre en place le contenu conventionnel c’est aussi se donner
les moyens de pouvoir vérifier que la convention est respectée
avec des sanctions à la clé pour les entreprises prises
en faute. De l’argent public va directement dans les caisses
des entreprises contre un emploi, il faut en contrepartie mettre
en place un contrat avec des obligations pour les deux parties.
Il faut préserver les conditions de travail en interdisant
la systématisation des horaires discontinus par exemple,
la rémunération étant quasi inexistante il
faut que le lieu de travail soit très proche du domicile
du titulaire de ce contrat RMA.
En cas de non rupture du contrat par l’entreprise, l’empêcher
de reprendre de nouveaux contrats RMA.
L’objectif
de ce projet est aussi de délester la charge financière
du RMI en faisant prendre part massivement les collectivités
locales.
L’objectif du RMA est d’être un outil du patronat
pour tirer les salaires vers le bas.
Le triptyque découlant de cette réunion et qui doit
se mettre en place est :
Formation – Convention – Contrôle
A ce titre et à l’issue de cette première réunion
il a été décidé la création d’un
Observatoire Départemental du RMA auquel nous sommes associés
pour tenter de modifier ce dispositif contraire à tous les
droits.
Union Syndicale
Solidaires 66
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