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RAFFARIN
PREPARE L'INSECURITE SOCIALE
La loi
sur les retraites à peine adoptée, le gouvernement
prépare désormais une offensive contre notre système
d’assurance maladie.
Echaudé par les mobilisations contre la réforme Fillon
des retraites (que nous allons subir), affaibli par la gestion calamiteuse
de la canicule du mois d’août, le 1er ministre a toutefois
décidé de diluer sa réforme dans le temps et
de procéder par étapes.
Le 13 octobre 2003, Raffarin a mis en place le « Haut Conseil
pour l’avenir de l’Assurance maladie ».
Cette structure présidée par Bernard Fragonard (un
ancien directeur de la CNAM) doit établir un « diagnostic
partagé » (c’est la même méthode
que pour les retraites !) afin d’aboutir à une réforme
de fond fin 2004 –début 2005 (comme par hasard après
les élections régionales et européennes !!).
Dans ce haut Conseil de 53 membres, les employeurs, parlementaires
de droite, représentants des directions des hôpitaux
publics et privés, le patronat, les labos pharmaceutiques,
les professions de santé, les hauts fonctionnaires aux ordres
du gouvernement sont largement majoritaires face aux syndicats et
aux représentants des assurés (à SUD, on parle
d’assuré, pas de client !). Cette composition laisse
présager les conclusions qui devront correspondre aux désirs
du gouvernement.
Déjà la loi de finances de la sécurité
sociale 2004 prévoit des mesures qui presque toutes visent
les assurés (ou leur mutuelle) sans résoudre le problème
de fond qu’est la baisse des recettes :
augmentation du forfait hospitalier, limitation du 100% pour les
K50 et des attributions pour les ALD (Allocation de Longue Durée),
contrôle renforcé des Indemnités Journalières,
déremboursement des médicaments, etc.
Dans le même temps, on n'hésite pas à augmenter
les honoraires des professions de santé comme les spécialistes
qui ont bénéficié de + 2 euros fin septembre.
Le déficit de l’assurance maladie :
La campagne médiatique orchestrée autour du déficit
de l’assurance maladie estimé à 16 milliards
d’euros pour 2002 et 2003 permet au gouvernement d’introduire
de nouveaux déremboursements. Les idées de franchises
de quelques euros par feuille de soins ou ordonnance a été
évoquée.
Pour SUD, il convient de relativiser le montant du déficit
en le comparant aux 19,6 milliards d’exonérations de
cotisations patronales intervenues en 2001 au titre des «
mesures emploi » ; ces cadeaux n’ont pas empêché
la remontée du chômage qui pèse fortement sur
les recettes. La stagnation des salaires pèse aussi sur les
recettes.
Les réformes structurelles :
L’objectif du gouvernement n’est pas de réduire
les dépenses de santé mais de diminuer les remboursements
pris en charge par la Sécurité Sociale et à
contrario, d’augmenter la part prise en charge par les complémentaires
mutuelles ou assurances (à noter la nomination de l’ancien
directeur de la CNAM Gilles Johannet comme directeur du secteur
santé des AGF : les rats quittent le navire !).
Les complémentaires ne manqueront pas d’augmenter leurs
cotisations (on parle déjà d’au moins +10%).
Au final, ce projet, s’il aboutissait, se traduirait par une
augmentation des inégalités entre les assurés
sociaux.
D’ores et déjà, les compagnies d’assurances
réclament ouvertement la privatisation du système
en proposant de rembourser, dès le premier euro, certaines
prestations lucratives comme les soins dentaires, l’optique
qui sortiraient du champ de remboursement de la sécurité
sociale. Raffarin n’a pas hésité à envisager
que les soins consécutifs à la pratique d’un
sport soit exclu du remboursement.
L’emploi et le sort du personnel :
La cogestion et le co-paiement du risque maladie avec les complémentaires
peuvent aussi avoir pour résultat une baisse des garanties
collectives pour les agents de la sécurité sociale
car il faudrait harmoniser les modes de gestions des différents
personnels.
Ce projet est déjà à l’œuvre au
travers de la mise en place de la prime d’intéressement,
de la culture du « résultat » dans les organismes,
de la recherche des « performances » mesurées
par des entretiens d’évaluation et la fixation d’objectifs
individuels ; le projet de classification en est l’aboutissement.
Il est aussi en œuvre au travers de l’abandon de la notion
de service public pour faire des CPAM des entreprises basées
sur la satisfaction du client ».
De tels projets vont porter un coup décisif à l’emploi
dans notre institution. Si la part de l’assurance maladie
obligatoire se réduit, les besoins en personnel le seront
également.
SUD Protection
sociale, le 16 octobre 2003
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