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CONFERENCE
DU MEDEF A CERET
La conférence-débat
qui s’est tenue à Céret le 19 novembre s’inscrit
dans le cadre d’une convention signée entre le recteur
de l’académie de Montpellier et le président
du Medef Languedoc-Roussillon. Elle permettra de « créer
des passerelles » entre l’école… et
l’entreprise. Cette expression, vous l’avez peut-être
entendue dans les discours du… baron Ernest-Antoine Sellière.
Sans vouloir jouer les Cassandre, le Medef dans l’école,
c’est le cheval dans Troie.
Et que
disent les patrons ? Comment voient-ils :
Les lois sociales
« L’entreprise
n’a pas possibilité d’influencer les lois, ce
sont les lois qui pèsent sur l’entreprise »
J.M. P., représentant de l’Union Patronale 66 (antenne
locale du Medef). C’est un thème très récurrent
chez les patrons de les entendre se plaindre car ils sont victimes,
en France, de lois trop contraignantes. Ces lois qui pèsent
sur l’entreprise sont les lois sociales ou découlant
de ces lois (impôts, charges, 35h …).
« Il y a encore des choses à faire en France,
plus qu’on ne le croit » G. S., patron de Bricomarché
(les Mousquetaires). En effet, le Medef a déjà beaucoup
fait : licenciements, délocalisations, régions vidées
d’espoir, mais il reste encore toutes ces lois (voir plus
haut).
L’école
Le ton
est donné par P. S., patron de Stationmarché (les
Mousquetaires) : « l’école qui vous a rempli
la tête de mauvaises idées. » No comment.
Du même : « Si vous n’avez pas le bac, c’est
pas grave ». Cette idée sera répétée
à l’envi par les invités devant un parterre
d’élèves… de terminale ! Du même
orateur, cette définition de la culture générale
: « Lire, écrire, compter de tête, s’exprimer
sans fautes, sans grossièretés, accepter de travailler
quand on vous le demande, par exemple le matin, le soir (sic). »
Confirmation par I. D., patron d’une agence immobilière
: « Le bac en lui-même, c’est pas ce qui
fera le vous de bons chefs d’entreprise. […] Moi, j’ai
tout fait (les petits boulots). »
Le travail
Tous
ou presque ont gravi les échelons vers la place lumineuse
et dorée. Ils n’ont jamais rechigné devant le
boulot. Pourtant, « huit heures par jour à faire
un travail que je n’aime pas, moi je ne peux pas. »
dit M.-F. C., patron des taxis, ambulances, corbillard. Qui sont
donc ces sadiques qui demandent à leurs salariés de
telles contraintes, on se perd en conjectures… R. C., patron
du Casino de jeux, a sa vision du travail : « Les gens
aujourd’hui avec les 35 heures, les loisirs, refusent les
contraintes : travailler le week-end, à Noël et le 1er
Mai (sic). » Et de conclure : « Le travail,
le travail et encore le travail. » Que d’audace
dans le discours ! Et si vous aviez encore un doute, M.-F. C vous
l’ôte avec ce joli : « On a enterré
hier le dernier boulot peinard bien payé. »
La démocratie
Pendant
le débat, quand un participant demande quelle est la place
des salariés et des négociations dans l’entreprise,
il lui est répondu qu’ « il serait
dommage que le débat dérape. » ou encore
: « Je ne suis pas un syndicaliste, je suis un salarié.
Je ne suis pas venu parler de délocalisations. »
À la question : « Pourquoi la présence
de tous les lycéens de terminale est-elle obligatoire ? »
il est répondu : « On n’a pas eu le temps
de réagir, il fallait faire vite. On ne l’a su que
très tard. Et il y avait les vacances… »
Réponse bien brouillonne pour une conférence prévue
de longue date.
Pour
conclure, cette conférence n’était pas de l’information
mais bien de la propagande par un groupe de pression qui se présente
comme représentant le patronat. Quant à elle, la direction
de l’établissement considère l’intervention
comme formatrice pour les élèves.
Jean-Pierre
Brumard
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