
Retour
au sommaire des articles
JE
SUIS ALLÉE A LORIENT...
Je suis
simple adhérente « de base », militante débutante.
J’ai été volontaire pour assister au Congrès
National de la Fédération des Syndicats Sud Education,
parce que depuis les mouvements du printemps dernier, j’ai
comme envie de m’investir davantage dans les luttes syndicales.
Et on m’avait dit « qu’assister à
un congrès est très formateur ».
Le congrès devait donc être pour moi l’occasion
de mieux découvrir le syndicat, c’est en tout cas ce
que j’en attendais.
Arrivée
à Lorient le 17 novembre vers 17h, la ville est grise et
pluvieuse, elle le restera d’ailleurs pendant les 5 jours
que nous passerons ici. Nous découvrons la salle Cosmao –
Dumanoir. Des murs gris immenses, aucune fenêtre, seulement
quelques plantes vertes derrière la tribune, c’est
là que nous passerons toutes nos journées.
Ayant fait la route avec Nicolas, nous retrouvons sur le parking
nos camarades des P.O., Benjamin et Rodolphe qui ont fait chacun
le trajet avec des personnes de la fédé et de Sud
Paris.
L’immersion est immédiate, la douche aussi. Il suffit
de quelques minutes pour saisir l’ambiance. L’air est
quelque peu électrique. Les premiers soucis font jour, les
conflits se cristallisent.
Il est demandé à certaines structures de justifier
le nombre de leurs mandats (nombre d’adhérents incompréhensible,
part financière fédérale non reversée,
…).
Il y a ceux qui s’expliquent sans arrière-pensée
(nous, par exemple) et puis, une petite minorité bien sûr,
qui s’enlise dans des explications peu claires, ou qui retourne
l’accusation en criant au complot. Le conflit sera résolu
démocratiquement, et les mandats acceptés.
Cependant, nous comprenons vite qu’il y a des divergences,
des camps, et qu’il faudra choisir le nôtre. En effet,
peut-on parler à l’un sans vexer l’autre ?
Certains votes font que l’on est nécessairement fiché,
non pas en « pour ou contre une idée »,
mais davantage en « avec untel ou contre ».
Ensuite le raccourci est facile avec « ami ou pas ».
Les quatre
jours du congrès sont très riches en débats,
idées. Heureusement, le congrès n’est pas que
conflits de personnes. C’est surtout de très nombreux
thèmes abordés, tels que précarité,
laïcité, fonctionnement de la fédé…
(pour le détail, il faut se référer au compte
rendu que les adhérents du département ont dû
recevoir par courrier courant décembre).
Il y a beaucoup de choses nouvelles pour moi, beaucoup de choses
à retenir. Il m’est parfois difficile de comprendre
et saisir tous les enjeux d’un débat. Mais je suis
venue bien accompagnée, les camarades des P.O. ne me laissent
pas me perdre, leurs éclaircissements sont souvent précieux
!
Aussi
important que les débats qui se tiennent dans la salle de
congrès, il y a ceux qui continuent dans le bar ou les escaliers
fumoirs. C’est d’ailleurs là que se créent
les contacts, que se tissent les réseaux de connaissances.
Plusieurs
semaines ont passé depuis notre retour. Sur un plan personnel,
le congrès a tenu ses promesses, je me sens moins novice,
plus familière avec les enjeux de nos luttes et prises de
positions. Les « dinosaures » de notre syndicat ont
pour moi maintenant un visage, ils sont un peu plus humains et beaucoup
moins pachydermes…
Sud Education est un jeune syndicat. Certes, beaucoup de fragilités
me sont apparues. Mais justement, tout est à construire,
tout est à venir. Et, nous, jeune structure au sein de ce
jeune syndicat, il nous appartient de prendre notre place, et aider
Sud Education à se consolider.
Pauline
Gairin
Retour
au sommaire des articles
|