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"QUAND
LES BARRICADES DESIGNENT LES REFORMES, LES MOUTONS NE VOIENT QUE
LES BARRICADES..."
En mai-juin
dernier, à la demande du président et des profs afin
de sauver l’université de Perpignan, notre fac a rejoint
le mouvement social des membres de l’éducation nationale
et du service public contre les réformes libérales
touchant la décentralisation et les retraites. Mais notre
faculté a aussi fait grève contre les réformes
« Lang-Ferry ». Le système du LMD-ECTS implique
une remise en cause du caractère national des diplômes
et une volonté de renforcer la sélection entre les
cycles d’études. La loi de « modernisation des
Universités» induit une concurrence malsaine entre
les facs et une arrivée du Patronat totalement néfaste
puisqu’il a va se servir des étudiants comme d’une
masse de travailleurs. Cette lutte, relayée par une vingtaine
d’universités n’a obtenu que le report de cette
loi mais n’a pas pu empêcher l’arrivée
des LMD-ECTS.
En novembre-décembre,
une cinquantaine de facs ont décidé de défendre
l’enseignement supérieur « à la française
». Malheureusement, cette grève a été
sabotée par l’UNEF et le SNES-SUP qui officiellement
ont appelé à la grève mais officieusement ne
voulaient qu’une simple (re)négociation avec ce gouvernent
(chose obtenue en passant…).
En ce
qui concerne Perpignan, le constat est navrant : sur 6000 étudiant,
il n’y a qu’une cinquante qui ont pris position clairement
face à ces Réformes : la lutte… Le reste du
troupeau estudiantin a préféré regarder TF1
lors des Assemblée Générale, a voté
contre le blocage des cours ou a voté les piquets sans y
participer activement.
Mais
ce qui peut choquer le plus quand on comprend le but des ces réformes
(privatisation de l’école), c’est le manque de
courage de la part des enseignants (qui eux n’ont pas répondu
à notre appel). Ces anciens admirateurs du « Grand
Soir » et de Mai 68 n’ont pas voulu prendre ouvertement
position afin de ne pas heurter leur hiérarchie. Un seul
professeur nous a suivi plus qu’activement, une dizaine ont
participé à notre manifestation (200 personnes dans
la rue), plusieurs profs qui sont sûrs que le gouvernement
UMP est en train de réaliser un « Crime contre l’Ecole
», nous ont affirmé que la solution sera de voter social-traitre
lors des prochaines élections. Enfin quelques profs (des
Maîtres de Conférence de droit(e) pour ne pas les citer)
ont demandé à leurs étudiants de ne pas nous
rejoindre car nous étions des « terroristes »
de la pensée ou des personnes en « difficulté
scolaire » ou voire pire, en faisant des menaces sur les partiels
si leurs étudiants participaient au mouvement. Merci le SNES-SUP
(dans son ensemble) pour sa non-activité syndicale au sein
de notre fac. Un appel à la grève d’une journée,
même pas suivi par des adhérents de cette FSU (version
universitaire) [ça ne vous rappelle rien ???] De toutes
façons, quand dans ce syndicat l’on trouve le président
et le vice-président de la fac, on peut comprendre que la
lutte est un petit peu biaisée…
Parlons-en
de notre Président… Quand le Comité de Lutte
fait une action, elle le fait avec l’accord d’une AG
étudiante décisionnelle. Mais quand monsieur Feral
démonte une barricade et bouscule plus que violemment ses
élèves, a-t-il une légitimité ???
Peut-être celle, à la rigueur, du ministre de l’intérieur
monsieur Nicolas Sarkozy… Paraît-il qu’il s’est
senti otage et prisonnier dans son Université (elle a dû
vraiment être terrible sa captivité…) L’année
dernière, il a appelé les flics pour enlever une barricade,
cette année il le fait lui-même. On n’est jamais
mieux servi que par soi-même dans ce genre de circonstance…
Pour
finir, nous voudrions remercier les étudiants de Perpignan.
La première catégorie pourrait s’appeler le
troupeau : des étudiants inconscients face au danger ou qui
n’ont pas eu l’audace d’oser et de vaincre. Vous
avez prouvé à la Bande à Chirac que vous n’être
que des bœufs (il avait finalement raison le Général
de Gaulle), mais aussi au Clan du Baron Seillière que vous
ne serez qu’une paire de bras dans cette société
libérale.
Enfin
voila la conclusion encourageante : une vingtaine de personnes ont
osé, vraiment. Merci donc à toutes les personnes du
Comité de Lutte (celles du printemps et de l’automne)
d’avoir effectué un travail quotidien afin de tenter
de dire « non » à monsieur Ferry… Grâce
à votre mobilisation, le ministre de l’éducation
a une nouvelle fois reculé concernant la loi de « modernisation
».
Nous
donnons donc rendez-vous en mars 2004 à toutes les étudiantes
et étudiants, professeurs, IATOSS de se retrouver et de se
regrouper pour afin montrer aux libéraux au pouvoir que nous
rejetons « leur idéal » et nous la combattrons.
Une
autre université, pour une autre société…
SUD Etudiant
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