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DU
CÔTÉ DES SANS-PAPIERS
Il est
6h00 un jeudi matin. On frappe à la porte. Tout le monde
dort encore.
« Ouvrez ! Police ! »
Françoise
se lève et vient ouvrir. Caroline. a peur, très peur.
Elle a reçu depuis peu le papier de la Préfecture
lui annonçant qu’elle pourra venir récupérer
son titre de séjour d’ici quelques mois. Pourtant elle
a peur. Comme avant.
Comme
ces deux ans passés à se cacher.
A se cacher depuis qu’elle a vu son autorisation provisoire
expirer un trois janvier il y a deux ans. :
« Maintenant je suis Sans-Papiers. Est-ce que je continue
à déposer des dossiers à La Préfecture
avec ce risque de la Police de l’Air et des Frontières
(PAF) ? Ou est-ce que je me cache pendant dix ans en accumulant
preuve sur preuve de ma présence ? Et les enfants ?
Ca va être invivable pour eux ? Et si la police vient
à l’école ? Et pourquoi y a-t-il des policiers
à la sortie maintenant ? Et Madame N. et son mari qui
ont dû partir. Il faut que je dise à Bertrand et Nicolas.
de ne plus descendre jouer en bas. Il y trop de risque. Aujourd’hui
il faut que j’aille au Secours Populaire chercher des vêtements
pour les enfants et des colis de nourriture. Mais si je suis arrêtée ?
Je vais demander à Françoise d’y aller pour
moi. Mais si la PAF vient ? Et si je suis seule ? Et les
enfants ?
J’ai
peur, j’ai peur tout le temps. Tant que je n’aurai pas
une autorisation légale de rester là, j’aurais
peur. »
Le comité
de soutien aux Sans-Papiers se réunit tous les lundi à
18h00 à la Bourse du Travail se Perpignan et le collectif
des Sans-Papiers tous les jeudi.
Ariane
Augé
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