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PROFS
CONTRACTUELS :
QUAND PRÉCARITÉ RIME AVEC INÉGALITÉ...
Le
développement de la précarité dans l’Education
nationale est une réalité : à ce jour, il y
a 785 contractuels dans l’académie. 110 assurent des
suppléances / remplacements et 675 occupent des postes
à l’année (sur postes vacants ou sur Bloc de
Moyens Provisoires dits BMP). 785 collègues dont la situation
professionnelle est encore moins enviable que celle des anciens
maîtres-auxiliaires...
Le recrutement
Le rectorat dit privilégier les anciens contractuels.
Ceux-ci doivent remplir au mois de février une « fiche
de positionnement » (!) pour exprimer leur vœu d’être
réemployés ou non. La fiche comporte l’avis
du chef d’établissement et éventuellement celle
de l’IPR s’il y a eu inspection. Si l’un des deux
avis est défavorable, il n’y a pas réemploi.
Les
nouveaux doivent faire acte de candidature sur le serveur académique
entre janvier et mars. D’après le rectorat, plus de
5000 candidatures l’an dernier ! Les IPR examinent les dossiers
et font éventuellement passer des entretiens (variables selon
les matières. Dans ce domaine là comme dans d’autres,
il n’y a pas de procédure figée...).
Le salaire
La rémunération de base est celle de l’indice
340 mais « en fonction de l’offre et de la demande »
(dixit le représentant du rectorat), elle peut varier en
fonction des disciplines et des lieux géographiques si le
rectorat a du mal à recruter sur tel poste ou telle matière
(là aussi, pas de règle, sauf celle de l’offre
et de la demande...).
Cela
donne des situations limites : par exemple, dans un lycée
de Lozère, deux contractuels n’ont pas le même
salaire dans la même matière car le premier a accepté
les conditions de base mais devant la difficulté de recruter
pour le deuxième poste, le rectorat a revalorisé le
contrat de celui-ci...
Autre
problème : le salaire n’est pas le même en fonction
des académies. Celles de Toulouse et de Créteil partent
sur la base de l’indice 348, par exemple, qui correspond à
l’indice de début de carrière des certifiés.
C’est important car cela permet de prendre en compte l’ancienneté
des contractuels de ces académies et donc de les reclasser
en cas de réussite à un concours interne. Avec l’indice
340, ce n’est pas le cas des contractuels de l’Académie
de Montpellier ! La raison invoquée par le rectorat est que
des conditions trop « favorables » attireraient les
contractuels d’académies plus au Nord vers Montpellier.
C’est un argument qui ne tient pas, car les académies
de Marseille et Toulouse offrent de moins mauvaises conditions d’emploi
que celle de Montpellier et elles ne sont pas « submergées
» par les contractuels du Nord qui, de toutes façons,
n’ont pas de garanties de réemploi.
Enfin,
il n’est pas prévu par le rectorat que la nomination
des contractuels, qui démarre fin juillet, soit examinée
en commission ou formation paritaire, après le mouvement
des titulaires du second degré.
L’inégalité
est donc le maître mot du « statut »
précaire des contractuels : entre académies,
à l’intérieur de l’académie et
dans la procédure de nomination par rapport aux autres personnels
d’éducation.
Alain
Pinol & Michel Autès, élus SUD éducation
de l’Académie de Montpellier (CAPA)
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