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QUESTION
DE NOMBRE... OU DE PRINCIPE !
La lutte
des sans-papiers, bien qu’étant parvenue à s’inscrire
dans la durée, souffre d’une mobilisation faible. Peu
de structures signataires du comité de soutien offrent une
implication militante et des moyens de propagande dignes de ce nom.
Au plus fort de nos rassemblement, avons-nous été
plus de cent ? Et combien parmi ces rares défenseurs
de la liberté de circulation, de la dignité dans le
travail, engagés presque autant contre leur propre abattement
qu’aux côtés de leurs compagnons du collectif,
devaient se rappeler perplexes le « Et s’il n’en
restait qu’un… » Les sans-papiers, quant
à eux, se cherchent malgré la clandestinité,
les expulsions, le peu d’intérêt suscité
par leur combat, une parole et une volonté propres.
Qu’en
est-il pour autant du bilan ?
- Une
participation remarquée du collectif lors du 1er mai dernier,
par ailleurs bien terne, et la formation d’un petit cortège
de soutien raccompagnant les sans-papiers vers Saint-Jacques. Par
une présence réelle en son sein, Solidaires a souhaité,
ainsi que la CNT, manifester son engagement dans la lutte.
- Durant
l’été, 150 dossiers de régularisation
ont été constitués, qui feront l’objet
d’un dépôt en préfecture le 6 novembre
2004, à la suite d’une manifestation à 14 h.
- Pour
ce qui nous concerne en tant qu’enseignants, un réseau
"EDUCATION SANS FRONTIERES" vient de se constituer, qui
a pour objet de traiter la question des jeunes sans-papiers scolarisés.
Consulter le site : www.sudeducation.org.
Enfin, une circulaire du préfet prévoit la régularisation
de la situation de jeunes sans-papiers sous contrat d’apprentissage.
Bilan
maigre certes, mais permettons-nous deux réflexions :
- « la
mobilisation est faible, l’opinion peu sensible à la
question des sans-papiers, nous ne ferons pas plier le gouvernement
sur la question »: bref « ce n’est pas
électoralement correct ». Mais depuis quand le
nombre est-il a priori l’étalon de la valeur syndicale
et politique au sens noble du terme, d’un combat ? Ils
furent bien sinistrement nombreux derrière les mots d’ordre
nazis, les démocrates de 1933.
- Enfin,
devons-nous ou non justifier notre action par le principe ou par
le nombre ? Sud se doit à une réponse claire.
Rodolphe
Mazure
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