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RAPPORT
PIKETTY
L’impact de la taille des classes et de la ségrégation
sociale sur la réussite scolaire dans les écoles françaises
:
une estimation à partir du panel primaire 1997
Plus
l’effectif de ta classe est léger, plus les chances
de "réussite" des élèves sont grandes.
C’est
une telle évidence pour les enseignants, acteurs de terrain !
Les divers
rapports d’expertises émis sur ce sujet durant les
20 dernières années confortaient peu ce point de vue
et plaçaient dans une expectative confortable les décideurs
politiques en matière d’éducation.
En est
témoin le rapport Meuret* (références ci-dessous),
qui en fait un bilan si fade.
Enfin
est sorti, en mai 2004, un travail auquel devraient se référer
bien des ministres de l’Education Nationale. Nous pouvons
enfin certifier qu’il y a un lien de causalité entre
les conditions de travail des élèves (et des enseignants)
et leur résultats… en matière d’effectif !
Vive
le XXI° siècle !!!
Voici le résumé (fait par l’auteur) du rapport
Piketty (environ 70 pages).
L’impact
de la taille des classes et de la ségrégation sociale
sur la réussite scolaire dans les écoles françaises
:
une estimation à partir du panel primaire 1997
Thomas
Piketty -MAI 2004
Directeur d’Etudes à l’EHESS
Chercheur à l’ENS
Résumé
:
Cette
étude utilise les données du panel primaire 1997 et
exploite les discontinuités liées au franchissement
des seuils d’ouverture et de fermeture de classes pour estimer
l’impact des tailles de classes réduites sur la réussite
scolaire.
Nous
mettons en évidence grâce à cette méthode
des impacts positifs nettement plus élevés que ceux
supposés habituellement. Une réduction d’un
élève par classe de la taille de CE1 conduit à
une augmentation de 0,7 point du score obtenu par les élèves
défavorisés aux évaluations de mathématiques
de début de CE2.
D’après
nos estimations, la légère politique de ciblage des
moyens actuellement en vigueur en faveur des Zep (taille moyenne
des classes de 21,9 en Zep, contre 23,3 hors Zep) permet de réduire
d’environ 10% l’écart de réussite entre
Zep et non-Zep. Surtout, cet écart pourrait être réduit
de 40% si l’on mettait en place un ciblage fort (mais pas
irréaliste), avec une taille de classe moyenne de 18,0 en
Zep et 24,2 hors Zep.
Nous
mettons également en évidence un impact négatif
de la ségrégation scolaire, quoique sensiblement plus
faible que celui des tailles de classe réduites.
Nos résultats
indiquent que la modestie des politiques de ciblage des moyens peut
difficilement se justifier par l’idée selon laquelle
de telles politiques ne marchent pas.
Je remercie
la direction des études et de la prospective (DEP) du Ministère
de l’Education Nationale, et tout particulièrement
Jean-Paul Caille, Sophie O’Prey, Franck Petrucci et Fabienne
Rosenwald (sous-direction des études statistiques), ainsi
que Laurence Dauphin et Jean-Claude Emin (sous-direction de l’évaluation),
pour l’aide qu’ils mont apportée lors de l’exploitation
des fichiers de données utilisées dans cette recherche.
Les résultats de cette étude n’engagent que
leur auteur, et ne sauraient en aucun cas engager la DEP. Tous les
commentaires sont les bienvenus (piketty@ehess.fr ou piketty@ens.fr).
Francis
Maury
références:
*Les recherches sur la réduction de la taille des classes
: rapport suivi de l’avis du Haut conseil de l’évaluation
de l’école-Denis MEURET-HAUT CONSEIL DE L’EVALUATION
DE L’ECOLE-Janvier 2001
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/024000197.shtml
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