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LA
PRECARITE : AVENIR DES SALARIES…
Education Nationale : toujours plus de précaires
L’Etat
patron est le premier exploiteur de précaires en France et
l’Education Nationale en assume une bonne part. Les précaires
représentent environ 20% des effectifs de l’Education
Nationale, tous corps confondus. L’utilisation de précaires
(Maîtres auxiliaires, contractuels, vacataires, Emplois-Jeunes,
CES, CEC... et enfin, les petits derniers, les Assistants d’Education)
est devenue pour le ministère un mode « normal »
de gestion des travailleurs de l’Education. Le gouvernement
par ces pratiques entend réaliser des économies car
tous ces précaires sont évidemment sous-payés.
On assiste à chaque nouvelle création de contrats
précaires à un véritable recul social.
Après
la lutte des MA des années 80-90, le ministère a mené
une charge sans précédent pour précariser encore
plus les salariés de l’Education. Le gouvernement utilise
les modes de gestion des entreprises privées, c’est-à-dire
les contrats à la tâche et le paiement des seules heures
de travail effectuées.
Parmi
ces précaires, prenons 2 exemples : les contractuels et les
vacataires.
les
contractuels : ce sont des salariés embauchés souvent
pour remplacer des enseignants titulaires absents, ou assurer les
postes non pourvus à la rentrée. Ces contrats limités
à l’année sont renouvelables. Les contractuels
sont régulièrement nommés en ZEP (sans formation!).
Ils ont la même charge de travail qu’un titulaire et
sont censés avoir les mêmes droits (droit de grève,
droit à la formation, aux congés payés...).
Dans la réalité, ces précaires sont souvent
les premiers à subir les pressions hiérarchiques en
cas de grève ou d’arrêt maladie. Quant au droit
aux congés payés, cela relève parfois de l’utopie,
puisque certains contrats, se terminant avant les vacances scolaires,
font que ces contractuels à 10 mois pointent au chômage
après le 30 juin. C’est d’ailleurs un véritable
parcours du combattant pour obtenir les indemnités chômage.
Les
vacataires : ils sont embauchés pour assurer des remplacements
de très courte durée, pour 200 heures à réaliser
sur une année. Seules les 200 heures d’enseignement
effectif sont payées, et non les heures d’orientation
et de concertation avec l’équipe pédagogique!
Les heures non réalisées ne sont pas payées,
même lorsqu’on est malade. Comme pour les contractuels,
ces travailleurs ont le plus souvent des emplois du temps à
trous avec parfois un service éclaté sur 2 établissements...
Même si certains sont contractualisés, la plupart sont
jetés au bout de 200 heures (seuil maximum annuel). De la
même manière, les délais de paiement sont très
longs, et tout cela n’ouvre évidemment pas de droit
au chômage... Il vaut donc mieux disposer d’une fortune
personnelle ou être chanceux au loto !
A la
rentrée 2003, le gouvernement a clairement annoncé
la couleur. Les TZR (titulaires remplaçants) ont été
mis sur poste fixe à l’année et les recrutements
ont cessé, mettant ainsi au chômage des milliers de
contractuels qui attendaient un poste. Les contractuels non réemployés
le sont le plus souvent après 2 années d’ancienneté,
peut-être pour qu’ils ne passent pas les concours internes
(le droit est ouvert après 3 années d’ancienneté) ?
Qui va assurer les remplacements de courte durée ? Des contractuels
à 3 ou 10 mois et des vacataires bien sûr ! Ainsi,
c’est le contrat de chantier qui s’installe dans l’Education
et l’institutionnalisation de l’intérim.
A titre
de comparaison, dans le 1er degré, ce sont des titulaires
qui assurent les remplacements longs (BD,...) et les remplacements
courts (ZIL), mais également les déboutés du
concours en liste complémentaire.
On peut
ajouter à ce constat alarmant, le licenciement de 20.000
Emplois-Jeunes après 5 années de bons et loyaux services
(250.000 suppressions en tout en 2004) sans la moindre indemnité
de licenciement. Il est assez ahurissant de voir le ministère
en charge de l’Education et de la Formation dans ce pays,
virer des personnels sans envisager autre chose qu’un avenir
de précaires ou de chômeurs. Rappelons que toutes ces
mesures ont largement été accompagnées par
certaines centrales syndicales qui voyaient « l’émergence
de nouveaux métiers » (sic)... Les postes de MI-SE
et d’emplois-jeunes supprimés sont remplacés
par encore plus précaires : les Assistants d’Education.
Ils sont recrutés localement par des chefs d’établissement
et validés par des CA dans le secondaire, des IEN et des
instits-DRH dans le premier degré.
Les statuts
de ces derniers sont une nouvelle fois une régression sociale
puisque la nature même de leur contrat les rend taillables
et corvéables a merci ... Bienvenue dans un monde de progrès
social.
Ce descriptif
non exhaustif doit tous nous interpeller car le chemin de la flexibilité
et de la précarité conduit tout droit à la
privatisation. Déjà le contrat Emploi-Jeune, de droit
privé, a commencé à réaliser le rêve
patronal d’éclatement des statuts de la Fonction publique.
Il a également bouleversé fondamentalement le Droit
du travail dans le pays. Désormais, les patrons ont fait
disparaître, jurisprudences prud’homales à l’appui,
certains droits collectifs : la durée légale des CDD
est passée de 18 mois à 5 ans (les recours pour requalifier
des CDD en CDI sont devenus matière à rire pour les
patrons), l’indemnité de licenciement, l’indemnité
de fin de contrat pour les intérimaires, les cotisations
à des caisses de chômage sont complètement remis
en question, l’Etat ayant donné l’exemple.
Les prochaines
étapes dans l’Education Nationale
Pour
le gouvernement et le patronat, la prochaine étape, c’est
la décentralisation et le transfert des TOS aux Collectivités
Territoriales en 2005. Ce transfert, nous promet-on au ministère,
ne devrait pas remettre en cause les statuts des personnels puisqu’ils
restent au sein de l’une des 3 Fonctions Publiques. De qui
se moque-t-on ? C’est déjà nier le fait qu’un
grand nombre de TOS sont des précaires (CES, CEC...) et que
pour eux, décentralisation est synonyme d’ANPE. Personne
n’ignore non plus que le statut de la Fonction Publique Territoriale,
pour les agents, est bien en deçà de celui de la Fonction
Publique d’Etat (congés, retraites, salaires, etc.)
En outre, qui peut croire que les Collectivités territoriales
vont pouvoir ou vouloir assumer la charge salariale de ces nouveaux
personnels ? Elles seraient alors obligées d’augmenter
les impôts locaux, ce qui n’est pas très populaire
en période électorale. Il y a fort à parier
que cela va précipiter l’externalisation (sous-traitance)
aux entreprises privées de ces nouvelles missions, comme
nous l’observons déjà dans le département.
C’est
l’ouverture d’un extraordinaire marché pour les
entreprises de nettoyage, de maintenance et de restauration. Or
celles-ci sont connues pour leur gestion lamentable de la main d’oeuvre
(extrême précarité, non respect des droits des
travailleurs, etc.). Nous le savons d’autant mieux que nous
syndiquons ces salariés !
C’est
donc une attaque sans précédent contre 90 000 travailleurs
de l’Education que nous devons combattre tous ensemble avec
force. Les prochaines étapes vont sans aucun doute frapper
aussi le monde enseignant, car le « grand débat »
évoque de manière à peine déguisée
les projets sur la bivalence, la flexibilité et l’annualisation
du temps de travail. La loi d’orientation sur l’école,
prévue fin 2004, risque d’accentuer encore la précarité
des emplois.
C’est
donc bien une attaque coordonnée pour précariser et
réduire l’emploi à travers la baisse du nombre
de postes aux concours de la Fonction Publique. La prochaine marche
sera celle de la privatisation de l’école qui n’est
plus un fantasme au regard des textes de l’AGCS.
Une attaque
généralisée du capitalisme : plans sociaux,
réforme de l’UNEDIC, RMA
Au delà
de l’Education Nationale, c’est l’ensemble des
travailleurs de ce pays qui subissent les assauts du capitalisme.
Fin 2002, afin de faire de prétendues économies, les
partenaires dits « sociaux » ont décidé
de réduire la durée d’indemnisation pour 850.000
chômeurs qui ont pourtant cotisé. L’UNEDIC a
ainsi réduit pour la majorité des chômeurs leur
indemnisation de plusieurs mois. Ainsi au 1er janvier 2004, 180.000
chômeurs ont perdu leurs droits aux Assedics. Au cours des
2 prochaines années, c’est plus de 600 000 chômeurs
qui suivront et basculeront vers l’ASS et le RMA.
Le gouvernement
a également modifié les conditions d’accès
à l’ASS faisant ainsi basculer plus de 180 000 chômeurs
en 2004 vers le RMI/RMA de M. Fillon (revenu minimum d’activité
ou retour au Moyen-Âge). Les rmastes devront accepter l’emploi
qui leur sera proposé. Le RMA sera reversé à
l’employeur qui complétera le salaire et s’offrira
au passage un salarié pour moins de 4 euros de l’heure
! Adieu SMIC et droits collectifs des travailleurs. Le rmaste ne
cotisera que sur la base de salaires versés par l’employeur.
Sur cette base il lui faudrait donc travailler 160 ans pour obtenir
une retraite à taux plein.
Ce nouveau
type de précarité criminalise le chômeur, met
le rmaste en position de totale soumission vis-à-vis de son
employeur-tuteur, ne parlons donc ni de droit de grève, ni
de syndicalisme.
Pour
enfoncer le clou, on ajoutera que ces derniers mois, ce sont des
milliers de travailleurs qui ont été licenciés
par des entreprises qui pour la plupart réalisent des profits.
Pour le patronat et l’Etat, le chômage et la précarité
permettent de museler les salariés et de faire pression sur
les salaires. Le capitalisme attaque sur tous les fronts pour faire
exploser les statuts, diviser le monde du travail (public-privé)
et ainsi précariser tous les emplois. Les réformes
sur les retraites, l’UNEDIC, le RMA, l’assurance maladie
ou encore la formation professionnelle ne font que renforcer la
précarisation des classes populaires et précipite
celle des classes moyennes.
Dès
à présent, organisons la résistance.
Nous
appelons tous les précaires au chômage à nous
contacter pour exiger avec eux leur réemploi : aucun licenciement,
aucun précaire au chômage.
SUD-Education
exige la titularisation de tous sans condition de concours, d’âge
ni de nationalité.
SUD-Education
exige l’arrêt immédiat des recrutements de précaires
et la création de postes budgétaires à la hauteur
des besoins des missions du service public.
SUD-Education
appelle tous les personnels à s’organiser dès
maintenant pour refuser le transfert des TOS aux Collectivités
Territoriales.
SUD-Education
dénonce toutes les formes de privatisation du service public.
Au delà,
si nous voulons que nos luttes soient des victoires, il nous faut
nous organiser de manière interprofessionnelle. Construisons
et renforçons les collectifs interpro (salariés du
public et du privé, chômeurs, retraités, jeunes,...)
des bassins d’emplois afin d’organiser la résistance
face aux attaques gouvernementales et patronales.
Fédération
SUD Education
Commission nationale « Précarité »
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