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Fin
du service public d’éducation pour les enfants d’âge
préscolaire
Vers la fermeture des écoles maternelles ?
Les nouvelles
dispositions en date du 30 septembre 2004 (BO spécial N°
10) viennent modifier le fonctionnement des écoles maternelles
et primaire ainsi que l’accueil des enfants d’âge
préscolaire (moins de six ans).
Jusqu’à
présent, l’accueil des enfants de moins de six ans
en école maternelle était un droit dans la mesure
où la famille le souhaitait : « Tout enfant
doit pouvoir être accueilli, à l’âge de
trois ans, dans une école maternelle ou une classe enfantine
le plus près possible de son domicile, si sa famille en fait
la demande ».
Le nouveau
texte évoque l’hypothèse d’« absence
d’école ou de classe maternelle. » Dans
une telle situation, l’enfant de cinq ans sera admis en école
primaire pour accéder au cycle II « cycle des
apprentissages fondamentaux ».
Quelles
sont les conséquences de ces nouvelles dispositions ?
1.
Pour les écoles :
« En
l’absence d’école ou de classe maternelle »
les enfants de cinq ans sont accueillis dans une école primaire
qui comprendra non plus 5 niveaux (CP, CE1, CE2, CM1, CM2) mais
6 niveaux, la grande section de maternelle étant intégrée
à l’école primaire. Cela modifie donc le fonctionnement
des écoles primaires mais aussi celui des écoles maternelles.
Le texte suppose la suppression du cycle I (petite et moyenne section)
et le regroupement du cycle II en primaire.
Concrètement,
cela signifie la suppression de postes d’enseignants de maternelle.
La France possède un modèle unique d’accueil
des jeunes enfants avec des professeurs formés à l’enseignement
d’apprentissages très précis. Ce modèle
a longtemps été envié pour son efficacité
et ses résultats.
Aujourd’hui,
le nouveau texte fait se profiler un modèle identique à
celui de nos voisins européens : l’école
maternelle remplacée par des jardins d’enfants.
2.
Pour les familles et les enfants :
Que
deviennent alors les enfants de moins de cinq ans en l’absence
d’école maternelle ? Qui va les accueillir ?
La réponse
semble claire. Les parents auront la charge de la garde des enfants
jusqu’à l’âge de cinq ans.
L’enfant
a besoin de la socialisation qu’apporte l’école
maternelle, les savoirs et compétences acquis en cycle I
sont indispensables à l’entrée en cycle II.
Ces
nouvelles dispositions dessinent un nouveau choix de société.
L’offre
d’accueil en crèche, halte-garderie ou chez les assistantes
maternelles est déjà dérisoire eu égard
aux besoins. La garde d’enfants relève de « l’art
de la débrouille ». Dans 84% des cas, c’est
la famille qui opère(1).
L’offre
de la garde d’enfants par la collectivité et la scolarisation
des enfants d’âge préscolaire sont des choix
de société.
En prenant
de telles dispositions le choix est clair : diminuer les dépenses
publiques.
On sait
que des fermetures de classe ont déjà eu lieu pour
cette rentrée scolaire, que ce soit en milieu rural ou en
milieu urbain.
Les
ménages les plus riches vont financer le secteur privé
et profiter d'une défiscalisation croissante des aides à
domicile. Pour les populations aux revenus modestes confrontés
à la fermeture d'écoles maternelles, ce sont les difficultés
de garde d'enfant, le choix forcé de la cessation d'activité
qui se profilent à l'horizon. Pour beaucoup de mères,
évidemment, c'est le retour, par le refus d'une politique
éducative digne de ce nom, de la "mère au foyer".
Pour les enfants, c'est le recul de la socialisation et de la mise
au contact de l'école, facteur d'épanouissement et
de réussite scolaire.
Une
succession de régressions.
Fédération
SUD Education
________________
(1) « Garde
d’enfants, l’art de la débrouille »
Alternatives économiques N° 228 – septembre 2004
d’après une étude du ministère de la
santé et de la protection sociale : « intervention
informelle dans la garde des jeunes enfants » Etudes
et résultats N°318, juin 2004.
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