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UNE
IMPOSTURE : LE RETOUR A L'ÉCOLE D'AVANT-HIER
Le
rapport Thélot est paru, répondant davantage à
une stratégie politique de diversion qu´à une
véritable réflexion pour une prochaine Loi d´Orientation.
Ne s´agit-il pas de focaliser la contestation sur des sujets
corporatistes ?
Nous craignons fortement que pendant ce temps, la future Loi d´Orientation
ou de Programmation reprenne à son compte les recommandations
réactionnaires des nostalgiques de l´école d´autrefois.
Déjà, quelques déclarations, projets de circulaires,
devançant la Loi, nous font craindre une régression
par rapport à la Loi d´Orientation de 1989.
La bonne vieille dictée et la morale, la restauration de
l´autorité et le retour aux punitions collectives :
l´école républicaine a davantage les yeux tournés
vers la nostalgie d´un passé mythique que vers un avenir
émancipateur. On voudrait nous faire croire à un « paradis
perdu » de l´école et de l´éducation,
vers lequel il suffirait de se retourner pour résoudre les
questions qui se posent aujourd´hui. Ces nostalgiques ont
un peu vite oublié qu´à la belle époque
des encriers, une moitié de chaque génération
seulement accédait au Certificat d´études. Or
les exigences sociétales et sociales ont profondément
changé : il ne s´agit plus d´instruire les
enfants du peuple pour la vie entière, sur le seul temps
de « la primaire » afin de parvenir à
un emploi qualifié, mais de former des hommes et des
femmes capables de se mobiliser dans des tâches de plus en
plus complexes, et d´éduquer des citoyens impliqués
et critiques ; tout cela dans un monde incertain et complexe.
Il est plus facile aujourd´hui de se plaindre des jeunes,
de leur famille et de l´environnement socioculturel que de
remettre en cause le système éducatif et d´admettre
qu´il continue de reproduire les inégalités
sociales tout en stigmatisant l´échec individuel.
Les jeux semblent faits sous la pression conjointe des projets libéraux
et républicains, les premiers, au nom de l´efficacité
économique et de la réduction des dépenses
publiques, les seconds au nom de la restauration d´un ordre
ancien. Cela se traduit par le retour aux disciplines fondamentales,
par l´empilement de savoirs de base, par le recours aux punitions
pour asseoir l´autorité, par le renforcement de l´individualisme
et de la compétition...
Pour notre part, membres du mouvement pédagogique créé
par Célestin Freinet, loin de ces lamentations passéistes
et de toute école élitiste et ségrégationniste,
nous préférons :
Une École qui prenne en compte l´environnement de chaque
enfant, de chaque jeune, de chaque adulte afin qu´il puisse,
avec le temps dont il a besoin, connaître et reconnaître
sa propre culture et ainsi la relier à la culture universelle.
Une École qui, à l´inverse de la transmission
uniforme des savoirs, développe des situations permettant
l´appropriation des connaissances dans une démarche
naturelle d´apprentissage privilégiant la création,
l´expression et le tâtonnement expérimental.
Une École qui développe la parole libre et créatrice,
construite et argumentée dans un espace coopératif
où l´hétérogénéité
trouve naturellement sa place.
Une École polytechnique pour tous, laïque et populaire,
émancipatrice et coopérative qui permette aux enfants
et aux jeunes de se construire et de conquérir des outils
pour appréhender la complexité du monde d´aujourd´hui
et ainsi agir sur lui...
Nous en appelons à toutes celles et ceux qui se reconnaissent
dans cette école, à s´associer et se rassembler
dans un front de l´Éducation Populaire.
ICEM -
Pédagogie Freinet
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