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RAPPORT
THARIN ET ORIENTATION
Bien
que regrettant qu’il n’y ait pas d’évaluation
de l’efficacité des COPsy, Mme Tharin (député
du Doubs), qui ne manque pas de nez, sait que ceux-ci sont incompétents,
inefficaces (forcément), et de surcroît « plus
ou moins actifs », ce qui est peut-être un moindre
mal, vu, à l’entendre, l’incurie des services.
Derrière
cette critique radicale, c’est en fait la spécificité
des services d’orientation tels qu’on les trouve en
France qui est mise à bas : enseignement de la psychologie,
titre de psychologue pour les COPsy, et finalement statut de fonctionnaire.
Car sinon comment justifier que le recrutement soit chaque année
revu à la baisse, alors que dans le même temps les
parents n’ont jamais été aussi demandeurs de
conseils pour leurs enfants en matière d’orientation ?
Parce
qu’il est intolérable pour les libéraux qui
nous gouvernent qu’il puisse exister des services d’orientation
gratuits, ouverts à tous, et surtout indépendants
de tout intérêt privé. Des services d’orientation
qui ne placent pas l’économie au centre de leurs préoccupations,
mais l’individu ; des services d’orientation qui
ne sont pas là pour faire la promotion de tel ou tel corps
de métier ou de tel ou tel secteur soi-disant florissant…
Au-delà
de leur soi-disant manque de professionnalisme, c’est le contenu
de la formation des COPsy qui ne convient pas à Mme Tharin.
Une formation qui, selon elle, serait trop centrée sur la
psychologie et pas assez sur l’entreprise.
Car
les conseillers sont totalement « ignorants des difficultés
d’insertion professionnelle des jeunes », ont une
totale méconnaissance du marché du travail, de l’entreprise,
et de la réalité économique. C’est vrai,
les COPsy vivent en dehors du monde, et n’ont jamais affaire
à des gens touchés de plein fouet par le chômage,
…à moins qu’ils ne soient eux-mêmes responsables
des millions de chômeurs, malheureux anciens élèves
« mal orientés ».
La réalité,
c’est que Mme Tharin, comme ses acolytes, rêve d’une
société où chacun doit s’employer à
être corvéable à merci, adaptable à toutes
les situations, et surtout rentable. Et dans ces conditions, il
est en effet urgent de se débarrasser des personnels dont
le métier consiste non seulement à informer sur les
réalités économiques (et n’en déplaise
à Mme Tharin, les COPsy le font), mais aussi à écouter,
accompagner, dans le respect de la personne et de ses projets.
Marie-Laure
Gayerie - COPsy
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