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DU
CÔTÉ DES SANS-PAPIERS
Mercredi
31 août 2005 Mohamed Bazzi a été reconduit à
la frontière. Scolarisé dans le département
depuis plusieurs années, il avait, comme tous les sans-papiers,
espéré que la France serait une terre d’accueil.
La préfecture n’a pas hésité à
revenir sur ses engagements et procéder à son renvoi
malgré de nombreuses démarches individuelles et collectives.
Un examen de son dossier aurait dû avoir lieu lors d’un
entretien qui devait être fixé par le préfet
lui-même début septembre.
Depuis
quelques mois, nous assistons à un zèle des services
de la préfecture qui expulse à tour de bras, avec
un mépris total de leurs droits fondamentaux, des personnes
qui, pour des raisons qui les regardent, ont fait le choix d’essayer
de vivre en France.
La préfecture
des Pyrénées Orientales affiche aujourd’hui,
elle aussi, très clairement une politique aveugle confirmant
ainsi la volonté du gouvernement de « faire du
chiffre ». Cette politique n’est que la continuité
des objectifs fixés par les ministères antérieurs.
Et pour cela elle ne recule devant rien !
La liste
est longue… Le centre de rétention de Rivesaltes ne
désemplit pas et voit affluer tous les jours des étrangers
dont les droits sont bafoués.
Ces
drames humains sur le département ne sont, hélas,
que le triste reflet de ce qui se passe un peu partout ailleurs.
De nombreuses mobilisations ont lieu mais force est de constater
que ce combat reste bien trop souvent sans écho.
Désormais
c’est aux soins médicaux que le gouvernement ont choisi
de s’en prendre. En 2005 le sida est considéré
par le gouvernement comme « grande cause nationale ».
Et pourtant, cet été encore, il a rappelé qu’un
de se objectifs était le démantèlement de l’AME,
dernière chance d’accès aux soins pour les sans-papiers.
Deux réformes votées en 2002 et en 2003 en ont considérablement
restreint les conditions d’accès. Depuis cet été,
2 décrets rendent encore plus improbable l’accès
à l’AME, notamment en exigeant des justificatifs dont
on sait que des personnes seront dans l’impossibilités
de les produire.
Pourtant
les conséquences sanitaires dramatiques de l’exclusion
et de la précarité ne sont plus à démontrer,
et les étranger-e-s en font quotidiennement les frais. Les
lois sur l’immigration restrictives enferment des hommes et
femmes dans la clandestinité. Les statuts administratifs
précaires qu’elles engendrent leur barre l’accès
à un minimum de ressources. Ces personnes n’ont alors
comme seules alternatives à la rue, des logements et hébergements
inadaptés, insalubres, et/ou hors des normes de sécurité.
De telles conditions de vie ne font que compliquer les démarches
de santé, notamment quand il s’agit de se battre au
quotidien pour sa survie, pour se nourrir, se loger, et subvenir
aux besoins de sa famille. Cette exclusion des soins contribue à
la prise en charge tardive des problèmes de santé,
met en danger la vie des intéressé-e-s, et empêche
tout stratégie de santé publique. A cela s’ajoute
un contrôle social et une répression policière
qui alimente une méfiance de toutes institutions publiques,
y compris médicales. En conséquence, tout le système
ainsi mis en place, favorise et accentue les problèmes de
santé des étranger-e-s.
Il y
a 7 ans, les associations obtenaient le droit au séjour des
personnes étrangères gravement malades ne pouvant
recevoir de soins appropriés dans leur pays d’origine,
et pour qui une expulsion pourrait avoir des conséquences
d’une exceptionnelles gravité. Aujourd’hui ce
droit est régulièrement bafoué par les préfectures :
les refus ne cesse d’augmenter.
Ariane
Augé
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