|

Retour
au sommaire des articles
SIX
BONNES RAISONS DE VOTER SUD ÉDUCATION
1.
L’engagement syndical doit être aux côtés des
plus démunis.
L'accès
d'un plus grand nombre d'élèves au baccalauréat et
à l'université n'a pas conduit à une véritable
démocratisation de l'éducation. Les inégalités
sociales face à l'école n'ont pas disparu avec l'élévation
du niveau général d'instruction. Les enfants des catégories
populaires ont statistiquement toujours moins de chances d'obtenir le
baccalauréat ou un diplôme supérieur que les enfants
des classes sociales plus aisées. Quant au chômage, il frappe
d'abord les jeunes qui sortent du système éducatif sans
qualification et surtout ceux dont les familles connaissent déjà
des situations sociales fragiles.
2.
Le syndicalisme de l'Éducation nationale doit procéder à
de profondes remises en cause, et cela aussi bien dans ses orientations
que dans ses pratiques militantes.
La régression
pédagogique à un utilitarisme minimal organisé par
la loi Fillon, les fermetures continues de postes dans les quartiers populaires
et les zones rurales, l'augmentation de la précarité, l'exclusion
des voies générales par l'orientation précoce (projet
de retour à l’apprentissage dès 14 ans), les reculs
de la laïcité, le renforcement d'un autoritarisme "managérial"
à l'encontre des personnels et d'un autoritarisme policier à
l'encontre des élèves, les expulsions d'élèves
sans-papiers… sont autant de changements qui obligent le syndicalisme
de l'Éducation nationale à de profondes remises en cause.
3.
La question scolaire doit devenir une question syndicale interprofessionnelle
comme le sont celles des retraites, de la santé ou du Code du travail.
Le démantèlement de l'Éducation nationale orchestré
par la loi de décentralisation de 2004 transfère les TOS
aux régions et aux départements pour livrer demain ces services
à la marchandisation libérale, processus déjà
largement avancé en matière de restauration scolaire. Il
n'est plus possible de penser aujourd'hui l'avenir de l'École laïque
comme un problème relevant du seul syndicalisme enseignant.
4.
La grève appartient à celles et ceux qui la font.
C'est dans cette logique nouvelle que les équipes militantes de
Sud éducation se sont étoffées et ont vu leur nombre
augmenter depuis la création de la Fédération en
juin 1998 et surtout depuis les grèves du printemps 2003 où,
dans de nombreuses villes, les militants de Sud éducation ont tenté
de favoriser la démocratie des Assemblées Générales,
la grève reconductible, les initiatives interprofessionnelles.
5.
La régression sociale ne se négocie pas. L'urgence est à
la convergence des luttes.
Ces élections professionnelles de 2005 interviennent dans un contexte
syndical encore marqué par les défaites revendicatives du
printemps 2003, reculs sur les retraites et sur l'unité du système
éducatif mise à mal par la décentralisation et le
transfert des TOS aux collectivités locales. Dans ces brèches,
Chirac, Raffarin, Sarkozy, Villepin (pour ne pas parler des gouvernements
précédents) se sont engouffrés pour tenter de casser
une à une les positions acquises par des décennies de luttes
salariales (santé, formation professionnelle, code du travail,
école, salaires, services publics, libertés publiques).
La répression qui a suivi l'opposition des lycéens à
la loi Fillon, comme l'intervention des forces spéciales dans les
conflits sociaux à la Poste (Bègles) ou à la SNCM
(Marseille), ou encore les rafles de sans-papiers, montrent bien à
quoi est prêt ce gouvernement pour continuer dans son entreprise
de casse à tous les étages.
6.
Le syndicalisme traditionnel ne peut enrayer le mouvement actuel du libéralisme.
Nous ne croyons pas que le libéralisme puisse être enrayé
par un syndicalisme qui se dit opposé au développement de
la précarité mais l’accepte au cas par cas dans les
établissements ; par un syndicalisme qui dénonce les «
réformes » régressives mais en négocie les
modalités d’application ; par un syndicalisme, qui,
par "discipline confédérale", abandonne les PLP
au bout d'une semaine de grève en 2003, ou qui, parle de grève
des examens sans organiser leur blocage ; par un syndicalisme qui abandonne
le combat contre la loi Fillon aux lycéens et les laisse seuls
face à la répression ; sans parler de celui qui signe
la casse des retraites avec le pouvoir quand la grève commence,
et de toutes ces organisations "syndicales" qui présentent
des listes tous les trois ans au suffrage des personnels pour ensuite
s'en retourner avec quelques permanents à un mutisme bien mérité
.
Avec modestie
et détermination, nous tentons là où nous sommes
de construire autre chose pour le syndicalisme. Construire un véritable
syndicalisme intercatégoriel dans l'Éducation nationale,
celui où instits, profs, IATOSS se rencontrent, débattent
et agissent ensemble n'est pas une chose facile, tant notre milieu professionnel
est marqué par des décennies de corporatismes où
chaque catégorie a son syndicat bien à elle. Inscrire ce
syndicalisme intercatégoriel dans un ensemble interprofessionnel
efficace (avec Sud Ptt, Sud Rail, Sud Énergie, Sud Michelin, Sud
santé/Sociaux etc.) n'est pas non plus l'affaire d'un jour.
C'est sur
ce chemin que nous avançons, et l'allongement de nos cortèges
dans les manifestations, l'augmentation de nos effectifs et de nos initiatives
unitaires comme la nette augmentation de notre nombre de listes à
ces élections professionnelles dans toutes les catégories
enseignantes et dans toutes les académies en sont les premiers
témoignages.
Retour
au sommaire des articles
|