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BASE-ÉLÈVES
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Vous ne
le savez peut-être pas, mais l’année scolaire 2004/2005
a été, pour notre département, une année de
mise en place d’un nouveau système de saisie et de gestion
informatique par internet de données concernant tous les élèves
des écoles maternelles et élémentaires : base-élèves.
En cours d’expérimentation
dans plusieurs départements (Une vingtaine de départements
« pilotes »...), il sera généralisé
à toute l’Education Nationale dès la rentrée
scolaire 2006.
Cette base prévoit que toutes les données (familiales, sociales,
scolaires, origines géographiques, etc.) concernant les élèves
soient transférées par les directeurs d’école
à l’IEN, à l’IA puis au Rectorat pour terminer
au fichier national via Internet.
Dans les départements, où cette base est en cours d’expérimentation,
l’administration a déjà été interpellée.
En février 2005 Sud Education 66 a participé à une
réunion dite de « Concertation Base-élèves »
organisée par l’Inspection Académique des P.O. l’I.A.
s’est en effet portée volontaire pour expérimenter
ce nouveau logiciel. Une formation a été imposée
(ordres de mission) à de nombreux directeurs d’écoles
du département les 16 et 23 mars.
Interpellée
à plusieurs reprises dans les départements concernés,
l’administration met en avant l’« aide »
que ce système peut apporter aux directeurs d’écoles.
Pourtant les directeurs utilisent déjà un logiciel de gestion.
Ne peut-on pas alors se demander si la mise en place de cette base n’est
pas plus exactement un outil réalisé par l’Administration
pour l’Administration afin de gérer au plus près les
effectifs (carte scolaire), pour mettre en œuvre la Loi Organique
relative aux Lois de Finances LOLF et répondre aux objectifs affichés
par cette loi du passage « d’une culture de moyens à
une culture de résultats ».
On peut aussi se demander : à qui la centralisation nationale
de toutes ces données peut-elle servir ? De quelles estimations
les administrations peuvent-elles avoir besoin ? Statistiques sur
les évaluations ? Les enfants en difficultés ?
Des données sur l’immigration ?
L’utilisation de cette base pourrait s’avérer dangereuse
et porter gravement atteinte aux libertés individuelles de chacun(e).
Elle représente en effet, ni plus ni moins, l’introduction
d’une logique de fichage de type comptable et non au service des
besoins éducatifs des jeunes. Cela ne laisse plus à l’enseignant
la possibilité d’apprécier humainement une situation
individuelle. Certaines informations demandées représentent
un risque. En effet divulguer et utiliser des informations strictement
privées (comme, par exemple la situation familiale, les origines
géographiques de l’enfant, la langue et la culture d’origine,
…) pourrait s’avérer dangereux dans une période
où le gouvernement s’emploie à surveiller « pour
mieux punir » des populations souvent marginalisées
par la précarité. N’est-ce pas un risque de dérive
vers d’autres utilisations « extra-scolaires » ?
Enfin nous nous inquiétons fortement de la centralisation des données
à Orléans, motivée par le besoin de statistiques
plus efficaces. En principe les noms des enfants restent anonymes mais
si l’administration a besoin des noms l’anonymat peut être
levé…
Cela laisse « rêveur » mais n’est finalement
pas si surprenant !
Toutes ces mesures sont à rapprocher du « rapport Benisti »,
commandé par le gouvernement concernant le risque des « comportements
déviants » des enfants dès leur plus jeune âge
qui amalgame « délinquance » et « familles
issues de l’immigration », qui propose une « culture
du secret partagé » et qui a fortement inspiré
la loi sur la délinquance de Sarkosy et les lois Perben II qui
considèrent comme potentiellement délinquante toute « personne
présentant des difficultés sociales, éducatives ou
matérielles » donc à signaler à la police
via la municipalité.
Sur plusieurs département « expérimentaux »
des directeurs d’école ont refusé de participer à
cette formation. Lors de certains conseils d’école une présentation
du projet est faite aux parents d’élèves et aux différents
partenaires concernés. Enfin, lors du dernier Conseil Fédéral
de SUD Education, il a été décidé de diffuser
le plus largement possible le texte de la pétition et de tenter
à nouveau d’interpeller les autres syndicats de l’Education
Nationale sur les risques d’un tel projet.
L’ultra-sécurité
n’est pas une fatalité. A nous de relayer l’information
sur les risques que présente un tel projet et de diffuser le plus
largement possible les pétitions et les moyens d’action.
Ariane Augé
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