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LA
PRÉCARITÉ À L'ÉDUCATION NATIONALE
S'EXPÉRIMENTE DÉJÀ DANS CERTAINES CATÉGORIES
Gilles De ROBIEN
introduit progressivement la bi-valence, en demandant aux professeurs
d’être en mesure d’enseigner deux matières. Ce
projet, s’accompagne de celui des remplacements à l’interne,
pour les absences inopinées de courte durée. Ainsi se met
en place progressivement un dispositif qui permet d’introduire petit
à petit une déréglementation du système éducatif.
L’objectif final étant de précariser chaque personne,
en supprimant progressivement tous les statuts des personnels. Les postes
à profil, avec recrutement et salaire personnalisés font
leur apparition, bientôt ils seront la règle pour tous...
Il y a derrière tout cela, une volonté politique de banaliser
l’idée qu’on est tous polyvalents et interchangeables.
Une volonté politique de faire entrer dans les mœurs la concurrence
permanente entre les individus, avec la crainte du chômage.
Cela rappelle
étrangement ce qui s’est passé avec les Surveillants
MI/SE :
Ils avaient un statut d’Etudiant Salarié, qui garantissait
à chacun un salaire, contre une prestation éducative. Le
recrutement se faisait uniquement sur critères sociaux et anonymement,
ils disposaient d’un aménagement horaires pour suivre leurs
études. Cette formule permettait à des jeunes issus de milieux
modestes d’entrer dans des cycles universitaires, grâce à
un emploi aménagé, et un revenu correct.
Pour casser cela, Allègre a créé en 2000 les Aide-Educateurs
recrutés sur profil, avec des contrats de droit privé. Cette
création d’un nouveau corps permettait une première
remise en cause du statut des MI/SE, en remplaçant progressivement
les uns par les autres. Au passage, cela permettait aussi d’expérimenter
la concurrence et la rivalité en montant les deux catégories
l’ une contre l’autre. Enfin, pour achever l’œuvre
libérale nocive d’Allègre, Ferry a inventé
les Assistants d’Education, qui doivent devenir le seul et unique
corps d’encadrement des élèves. Eux sont recrutés
directement par les chefs d’établissement, sur des contrats
individualisés, renouvelables tous les ans. Ainsi, pour trouver
un poste, ils doivent faire des demandes partout, et répondre à
tous les entretiens d’embauches. Pour garder un poste, ils doivent
se montrer dociles. En 2003, un grand mouvement est parti des surveillants
contre cette déréglementation.
Mais les surveillants
ont perdu cette bataille, car ils se sont retrouvés isolés,
alors que leur combat était celui de tous. Et l’on peut dire
même celui de tous les fonctionnaires (en effet, c’était
la première fois qu’un statut était remis en cause).
A présent, la situation pénible que vivent actuellement
les Assistants d’Education est là pour nous montrer que s’
expérimente sur leur dos, ce qui sera la règle pour tous
demain.
Hier les MI/SE, aujourd’hui les Agents, demain les CPE et les PLP,
après-demain tous les enseignants !
N’attendons pas qu’il soit trop tard, agissons tous ensembles
contre cette casse des services publics programmée par les Sarkozy-Villepin,
et mise en place par les hauts fonctionnaires de notre administration
qui agissent de concert avec le Medef. En effet, depuis cette année,
ce syndicat du patronat aux idées réactionnaires, entre
officiellement dans les établissements scolaires.
Réagissons vite, sinon demain, nous serons tous des précaires,
licenciables et corvéables à merci.
Deux ouvrages traitent de cette dérive de l’Education Nationale,
des livres à lire, car ils détaillent les directives de
l’Europe, et décrivent ce que sera l’école libérale
qui nous attend :
- Tableau noir, de Gérard Sélys et Nico Hirtt,
éditions EPO
- Les nouveaux maîtres de l’école, de
Nico Hirtt, éditions EPO.
Michel Benkemoun
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