À NOUS DE JUGER !

vendredi 12 septembre 2008
par  Sud éducation 66

Communiqué de la Fédération Sud Éducation

L’émission d’Arlette Chabot « A vous de juger », le 11 septembre 2008 sur France 2, nous invitait à juger Xavier Darcos dans ses orientations sur l’école.

Le syndicat Sud Éducation a jugé les déclarations du ministre :

  • malhonnêtes : Darcos manipule les chiffres pour essayer de prouver que « l’offre éducative se maintient » alors que, sur le terrain, enseignants, élèves et parents dénoncent unanimement des situations inacceptables de classes honteusement surchargées.
  • cyniques : à tout bout de champ, Darcos prétend se préoccuper des enfants « les plus défavorisés », « les plus faibles », de « condition sociale fragile ». Qui peut être assez crédule pour penser que la priorité de ce gouvernement bling-bling concerne les enfants des milieux défavorisés, quand, par exemple, la formation des élèves de bac professionnel vient d’être réduite de 4 ans à 3 ans, pour des raisons purement budgétaires et que le nouveau dispositif de soutien aux élèves assuré par les enseignants annonce la disparition des personnels spécialisés ?
  • hypocrites : à propos des maternelles, il assure sans sourciller qu’il n’est « pas question de revenir sur l’utilité de cette formation » alors qu’il a lui-même dénigré les enseignants dont les fonctions se résument, d’après lui, à « faire faire des siestes et changer les couches »(1) !
  • fallacieuses : le ministre promet des « stages d’anglais intensifs offerts à tous les élèves qui le souhaitent ». Qui est assez naïf pour porter du crédit à ces effets d’annonce ?
  • démagogiques : « J’aime les enseignants » clame le ministre alors que ses réformes orchestrent la casse de l’Education nationale. Il se targue de revaloriser le métier par des mesures financières généreuses : il s’agit, en fait des heures supplémentaires qui cassent l’emploi. Pour sa réforme du lycée, il annonce un grand débat en octobre avec quelques représentants d’élèves, une consultation qui représentera une mascarade de plus, un simulacre de démocratie supplémentaire dans les pratiques gouvernementales.
  • caricaturales : lorsque les organisations syndicales de l’éducation annoncent, le 26 août, des mobilisations dans l’Education nationale, elles le font en toute connaissance de cause car les suppressions de classes et de postes sont connues depuis plusieurs mois. Darcos ridiculise pourtant ces « syndicats qui condamnent une rentrée qui n’a pas eu lieu » et qui véhiculent « une culture de la grève préalable et systématique ».

(1) Audition de la Commission des finances du Sénat le 3 juillet 2008