COMITÉ DE MOBILISATION DE L’UNIVERSITÉ DE PERPIGNAN

samedi 14 mars 2009
par  Sud éducation 66

Par Bernard Schéou

Grâce aux alertes lancées par les syndicats du supérieur à la fin du mois d’octobre 2008, le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche est progressivement entré en ébullition jusqu’à parvenir au niveau exceptionnel de la mobilisation actuelle. Lors de la quatrième rencontre de la coordination nationale des universités qui s’est tenue le 20 février dernier à Nanterre, les 3/4 des universités étaient représentées malgré les vacances.

Alors qu’au départ les revendications ne concernaient que les retraits du projet de décret sur le statut des enseignants chercheurs et de la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré (cf. motion de la première rencontre de la coordination nationale), aujourd’hui, les revendications sont beaucoup plus larges.

En plus d’exiger le retrait de trois réformes contestées (projet de réforme du statut, mastérisation des concours, projet de contrat doctoral unique), la fin du démantèlement des organismes publics de recherche, la restitution du millier de postes supprimés ainsi qu’un plan pluriannuel de création d’emplois, la coordination nationale des universités appelle désormais ni plus ni moins qu’à l’abrogation de la loi LRU, loi passée en catimini à l’été 2007 et socle de l’ensemble des réformes contestées.

Et constatant que le projet de casse des services publics et des statuts des personnels et des établissements de la fonction publique par le gouvernement va de la maternelle à l’université, elle a aussi appelé à la multiplication des actions communes partout sur le mot d’ordre « De la maternelle à l’université : retrait des contre-réformes Darcos/Pécresse ».

L’entrée des étudiants dans la mobilisation, principalement depuis la tenue de leur coordination nationale des 14-15 février, n’est sans doute pas complètement étrangère à cet élargissement des revendications et a également apporté un souffle nouveau au mouvement.

A Perpignan, la mobilisation s’est mise en place progressivement avec une première AG qui s’est tenue le 16 décembre 2008. La communauté universitaire locale est largement opposée à ces réformes puisqu’une pétition globale contre les décrets et les réformes, dite « Université en danger » a été signée par 526 personnes, soit environ les 2/3 du personnel de l’université. Le président et son équipe soutiennent le mouvement en banalisant les cours, les jours de mobilisation nationale afin de permettre aux personnels et aux étudiants de se réunir et de participer aux actions organisées. Pour autant, on peut regretter que cette adhésion intellectuelle ne se traduise pas en acte et que la mobilisation ne soit pas localement aussi large que dans la plupart des autres universités françaises.

Les actions organisées sont nombreuses et variées : présentation de nos revendications à l’Inspection Académique, à la Préfecture, à la Mairie au Conseil Général par notre délégation ; barrage filtrant à l’entrée de l’université pour sensibiliser collègues et étudiants, débrayage des cours, manifestation suivie d’un pique-nique devant le Castillet avec collecte de pièces jaunes pour l’université, cours hors les murs place Arago, cours ouverts, et aujourd’hui même, jeudi 26 février, une marche funèbre pour témoigner de la mort annoncée de l’université et de la recherche à Perpignan.

A quand, une action avec des collègues des lycées, collèges et écoles primaires de Perpignan ? Pourquoi ne pas organiser ensemble sur les places publiques de Perpignan une lecture-relais en continu de la Princesse de Clèves, texte cher à Sarkozy, ou bien une grande vente aux enchères de concepts inutiles… ?