COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE « SAUVONS LA RECHERCHE » SUITE AU DISCOURS DE NICOLAS SARKOZY DU 22 JANVIER 2009

samedi 14 mars 2009
par  Sud éducation 66

Le 24 janvier 2009

Le discours de Nicolas Sarkozy au sujet de la politique de recherche et d’enseignement supérieur a confirmé une nouvelle fois le mépris du chef de l’Etat à l’égard des personnels de ce secteur, et la volonté qui confine à l’obsession de démanteler l’intégralité des institutions qui organisent en France la production et la diffusion du savoir scientifique.

Nicolas Sarkozy, comme à son habitude, fonde son projet sur un diagnostic totalement mensonger qu’il habille des atours de l’évidence. La France, nous dit-il, serait à la traîne en matière de recherche et d’enseignement supérieur et ce, en dépit des sommes formidables qui lui seraient consacrées. La raison de cet échec tiendrait à la vétusté de ses institutions et au conservatisme de ses personnels installés dans le confort de la fonction publique. Faut-il rappeler une fois encore que la France occupe une place tout à fait honorable dans la recherche internationale, notamment au regard des faibles moyens qui lui sont consacrés ? Faut-il rappeler que l’université a vu en une génération ses effectifs doubler, sans que les moyens ne suivent, ce qui n’a pu se faire sans une certaine capacité d’adaptation de ses structures et de ses personnels ?

Mais au-delà du diagnostic sur le présent, c’est désormais la crise économique elle-même qui donne à N. Sarkozy l’occasion d’accélérer le processus de destruction de l’appareil de recherche et de mise au pas de l’ensemble de ses personnels. Cette crise devient ainsi la justification des décisions les plus aberrantes, car l’urgence commande d’aller vite et de frapper fort. L’heure n’est donc plus aux tergiversations, à la réflexion ou à la discussion avec les personnes directement concernées. Les décisions sont déjà prises : le CNRS sera transformé en une kyrielle d’agences de moyens, venant s’ajouter à celles existantes. Et qu’importent les incohérences internes de cette politique (combien d’agences de moyens peut donc s’offrir un petit pays comme la France ?), l’aggravation du désintérêt pour les carrières scientifiques qu’elle entraînera, c’est le geste qui compte.

A un moment où les universités sont en ébullition du fait de la mise en place des réformes liées à la loi LRU (réforme des statuts des enseignants-chercheurs, mastérisation) le Président de la République se propose donc d’ouvrir un autre front en annonçant la disparition programmée d’un système de recherche qui a offert au pays une bonne partie de ses succès industriels, d’un système d’enseignement supérieur qui a contribué à une forme d’égalité républicaine. Face à cette nouvelle provocation d’un Président qui annonce avec un plaisir presque gourmand son intention d’en découdre, il ne faut pas en douter : nous saurons répondre présents et nous montrer à la hauteur de ses espérances dans nos réponses à sa volonté de mise en coupe de notre système d’enseignement supérieur et de recherche.