Les chiffres de l’inégalité

lundi 14 décembre 2009
par  Sud éducation 66

Par Sud Éducation 73 et le site http://www.inegalites.fr/

1 % des ouvriers et 5 % des employés disposent d’un diplôme supérieur à Bac + 2 contre 60 % des cadres supérieurs.

La transmission du diplôme n’est pas mécanique, mais ceux qui viennent de milieux peu qualifiés doivent faire des efforts plus importants pour réussir. Les deux tiers des enfants d’enseignants et plus de la moitié des enfants de cadres sont titulaires d’un diplôme supérieur ou égal à Bac+3, contre 10 % des enfants d’ouvriers non qualifiés ou d’inactifs. Ces derniers représentent à l’inverse 60 % des individus qui disposent d’un diplôme inférieur au Bac ou qui n’ont pas de diplôme.

84 % des élèves des sections pour jeunes en difficulté au collège sont issus des catégories sociales défavorisées.

Les catégories sociales les moins favorisées sont très largement sur-représentées dans les sections d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa) qui accueillent les collégiens présentant des difficultés scolaires « graves et durables » (100 000 élèves sur 3,2 millions).

Les enfants d’ouvriers, d’employés et des sans-activité représentent 84 % des élèves en difficulté alors qu’ils constituent la moitié des jeunes qui suivent un enseignement général. Les enfants d’enseignants et de cadres en représentent 2 %, soit dix fois moins que leur part dans l’enseignement général. Les enfants de cadres moyens (les professions intermédiaires) ou d’artisans et commerçants sont eux aussi nettement sous-représentés.

Les inégalités sociales face à l’école se construisent dès l’école maternelle et primaire. Elles sont donc déjà marquées à l’entrée au collège où elles s’accentuent. Le système français est marqué par son académisme, des évaluations fréquentes et des enseignements précoces. Autant d’éléments qui pénalisent ceux qui disposent des plus faibles atouts familiaux.

L’admission au baccalauréat dans une série plus ou moins prestigieuse est liée en partie à l’origine sociale, comme le montre la comparaison des pourcentages d’admis au baccalauréat en 2002 à celui des élèves entrés en 6ème en 1996.

Si le système scolaire était équitable, le pourcentage d’admis dans les différents baccalauréats devrait être le même que celui qui est observé en classe de 6ème. Or, les enfants de cadres supérieurs représentent 13,8 % des élèves de 6ème mais constituent 24 % des admis au baccalauréat toutes séries confondues (soit une surreprésentation de 1,7 : résultat du rapport entre les 24 % d’admis au baccalauréat et les 13,8 % des classes de 6ème), et 40,2 % des admis au baccalauréat S (soit une surreprésentation de 2,9).

Les enfants d’ouvriers, qui représentent 31 % des élèves de 6ème, ne représentent plus que 18,2 % des admis au baccalauréat (soit une sous-représentation cette fois de 1,7) et 11,4 % des admis au baccalauréat S (soit une sous-représentation de 2,7). Au bout du compte, les fils de cadres ont 2,9 fois plus de chances que les ouvriers d’avoir leur bac et 8 fois plus d’obtenir un bac S !

Sud Éducation 73 et le site http://www.inegalites.fr/