Non-titulaires : les grands oubliés de l’été

mardi 30 septembre 2014
par  Sud éducation 66

Par Priscilla Vallès

Si le début du mois de juillet coïncide pour beaucoup avec vacances, plage et farniente, elle sonne malheureusement pour la plupart des non-titulaires l’entrée irrévocable dans une longue traversée de doutes et d’angoisses.
De fait, les collègues se trouvent alors confrontés à une double incertitude : incertitude d’être renommés à la rentrée tout d’abord. Comment alors pouvoir se projeter ne serait-ce que de deux mois dans l’avenir ? ! Comment pouvoir profiter de vacances méritées lorsque l’on ignore si l’on sera repris, quand, et pour combien de temps ? !
Tout est fait dans le système de positionnement des contractuel·le·s, très opaque par nature dans son fonctionnement, pour accentuer le désappointement, la désillusion et la déception quant à son devenir professionnel voire son devenir tout court : en effet, si certains collègues se voient reconduire dès fin juin, d’autres restent dans l’attente tout l’été et ne se verront contactés (s’ils ont de la chance) que la veille de la rentrée et même plus tard pour des postes qui pourtant étaient annoncés vacants ! Il semble évident qu’il faudrait revoir l’organisation de ce système, les dates des commissions des TZR intervenant mi-juillet et mi-août et mettre en place une structure efficace et lisible de positionnement sur les postes vacants.
Ce fonctionnement a bien évidement des répercussions dramatiques sur le bien-être des collègues. Ainsi, une non-titulaire avoue avoir préféré ne pas dire à sa famille qu’elle ignorait si elle serait reprise en septembre pour ne pas l’inquiéter et «  gâcher  » les vacances. Ce faisant, elle a passé deux mois, isolée dans sa solitude et ses inquiétudes, face à l’incertitude de son avenir pour la rentrée.
Passé ensuite ce cap de la rentrée et en cas de non ré-emploi, le contractuel va devoir entamer un véritable parcours du combattant pour réclamer son allocation chômage. D’abord, il prendra rendez-vous avec le Pôle Emploi afin d’obtenir une notification de rejet ainsi qu’une demande mensuelle d’actualisation. Il devra, ensuite, compléter un dossier de demande d’allocations prenant en compte les 28 derniers mois ouvragés et renvoyer ce dossier avec les pièces justificatives à la cellule chômage du Rectorat de Montpellier. Sa demande envoyée, il ne lui restera plus qu’à attendre patiemment, très patiemment, l’étude de sa demande et le paiement de son assurance chômage qui n’interviendra qu’après un «  délai de deux mois minimum  » en raison de «  la diversité des interlocuteurs obligatoires (Pôle Emploi, Direction régionale des finances publiques  »). Comment fera-t-il pour vivre, non, survivre, jusque là ? C’est une question forte intéressante mais à laquelle personne ne semble vouloir s’intéresser.
Enfin, pour terminer, le 1er juillet 2014 coïncide avec la mise en application de la nouvelle convention de l’assurance chômage qui se caractérise par certains changements notables :

  • Une diminution du taux d’indemnisation de certains demandeurs d’emplois (ceux dont le salaire dépassait 2042 euros bruts).
  • Des droits rechargeables permettant aux chômeurs de cumuler leurs anciens droits avec les plus récents.
  • Des cotisations supplémentaires pour les Seniors de plus de 65 ans qui jusque là en étaient exonérés.
  • Un nouveau calcul du cumul emploi-chômage : une allocation mensuelle due = une allocation mensuelle sans activité - 70% de la rémunération brute issue de l’activité réduite.

Ainsi, 800 millions d’euros doivent être économisés. Une nouvelle stratégie brillante pour relancer l’espoir des demandeurs d’emplois quant à leur lendemain et à celui de leurs familles ?