Qui a entendu parler de la médaille d’or de nos chercheurs ?

lundi 14 décembre 2009
par  Sud éducation 66

Trois extraits d’un article de François JOUVE, oct. 2009

[…] A quelques semaines de la parution du célèbre “classement de Shanghai” des universités, qui, n’en doutons pas, fera comme chaque année la une des gazettes, avec son cortège de commentaires éclairés de nos éditorialistes vedettes sur l’éternel déclin de notre système de recherche et d’enseignement supérieur, l’institut Scimago publie un classement intéressant. Il se propose de comparer, sur la base d’indices purement bibliométriques, les quelques 2000 institutions ayant effectué plus de 100 publications indexées par la base de données Scopus de Elsevier en 2007. Ce classement regroupe donc, de façon désordonnée, des organismes de recherche comme le CNRS, des universités, de gros laboratoires et des instituts privés. A ce jeu là, le CNRS se classe à la première place mondiale, l’INSERM est 10ème, le CEA 54ème et l’université Pierre et Marie Curie 76ème, devant beaucoup d’universités américaines très prestigieuses. Notons que dans cette compétition ouverte, nos fonctionnaires, “bien chauffés”, qui ont “vu de la lumière” en passant par là, laissent très loin derrière les instituts privés qui devraient être notre idéal, puisque la première entreprise privée, IBM, se classe 375ème. Un gros arbre qui cache la forêt sans doute…

[…]Tout se passe comme si “l’excellence” du travail de 11700 chercheurs et 14400 techniciens et administratifs, fonctionnaires, sous-payés et déconsidérés par l’opinion majoritaire, comptait moins qu’une médaille olympique en canoë-kayak. Parions que les non-médailles du classement de Shanghai seront en revanche largement célébrées d’ici quelques jours…

[…] Il serait intéressant de pondérer ces résultats par les budgets investis par les différents pays dans la recherche. La France, avec la 18ème place pour l’effort recherche, y gagnerait sans doute la palme du nombre de citations par euro investi. Si tel est le but, le gouvernement actuel, avec ses restrictions budgétaires plus ou moins habillement maquillées en augmentations, nous y aide chaque jour.

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