Reconstruisons le sexisme !

vendredi 14 décembre 2012
par  Sud éducation 66

Le « Dictionnaire des écoliers » a été publié par le Ministère de l’Éducation nationale et le Centre National de Documentation Pédagogique, puis suspendu le 5 novembre, suite à la vague d’indignation suscitée par cette publication, qui augure bien mal de la lutte contre le sexisme à l’école annoncée par Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes et Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale.

Ce dictionnaire extraordinaire étale en effet les pires stéréotypes sexistes et véhicule en particulier une image inférieure des femmes, ramenées à des rôles sociaux de mères, épouses ou ménagères. La « femme » « c’est une maman, une mamie ou une jeune fille. Elle peut porter des bijoux, des jupes et des robes. Elle a de la poitrine. ». Elle « va souvent acheter son pain ». La « mère » est celle qui « repasse les affaires de toute la famille ». Le « père », c’est « le mari de la maman, sans lui la maman ne pourrait pas avoir d’enfants. C’est le chef de famille parce qu’il protège ses enfants et sa femme ». Une « dame » se rencontre « dans un supermarché ». Enfin, un ou une « homosexuel-le » n’existent pas dans ce dictionnaire !
Ce document se dit issu d’expérimentations pédagogiques recueillant les définitions que les enfants donnent aux mots (enfants guidés « par leurs maîtres » mais apparemment pas par leurs « maîtresses », soit dit en passant). Mais ce sont bien des adultes enseignant dans les classes, ou travaillant au CNDP et au MEN qui ont trié, et choisi les définitions qui ont été publiées. Ils et elles portent la responsabilité de ce choix. Ce dernier est d’autant plus scandaleux que le dictionnaire en question semble bien destiné aux enfants. Le rôle de l’Éducation nationale est-il donc de recueillir les notions issues de jeunes esprits déjà bien imprégnés du sexisme qui a cours dans la société, et de sélectionner les notions les plus rétrogrades afin de les propager aux autres enfants ? Si l’on voulait conforter le sexisme, on ne s’y prendrait pas autrement.
La Fédération Sud Éducation sera très attentive à la « révision » annoncée de ce dictionnaire.