Code ROME : un parcours d’incertitude.

vendredi 15 mars 2013
par  Sud éducation 66

Lorsqu’une femme de plus de 50 ans, personnel administratif expérimenté, se retrouve au chômage et ne peut que constater le marasme ambiant des PO où elle vient de s’installer, quelles solutions s’offrent à elle pour ne pas rester inactive ? Le découragement n’étant pas à l’ordre du jour, elle entame un parcours qui lui semble plein de promesses…

Liste non exhaustive des démarches proposées par Pôle Emploi : (Il est recommandé de suivre scrupuleusement ces étapes afin de garder la réputation d’un chercheur d’emploi motivé) : PARE (Plan d’Aide au Retour à l’Emploi), ateliers de recherche d’emploi et de mise en place de CV, envoi de centaines de candidatures spontanées et réponse à toutes les offres Pôle Emploi possibles, bilan de Compétence, passage du permis de conduire et achat d’un véhicule d’occasion…

Souvenir d’une phrase prononcée sans intention de nuire : « Vous avez deux handicaps. Le premier c’est votre âge, mais vous ne pouvez rien y faire. Le deuxième c’est de ne pas avoir de permis ni de voiture ».

À l’issue du bilan de compétences, il est souvent déterminé qu’il est opportun de diriger la chercheuse d’emploi vers une reconversion professionnelle officiellement qualifiée de « réaliste et réalisable ». La candidate recherche alors la formation ad hoc. Elle constitue un dossier de validation d’acquis en recontactant tous ses précédents employeurs. Ils confirment tous que, oui, c’est quelqu’un de compétent dont la valeur professionnelle n’est plus à prouver.

La candidate effectue en général sa formation dans une université pas forcément près de chez elle. Elle réussit dans la plupart des cas à ce que les frais de formation soient financés par la Région et prend à sa charge les autres frais (hébergement sur le lieu des études, les trajets en train chaque semaine pour rejoindre son foyer, l’achat d’un ordinateur portable, de matériel et d’ouvrages nécessaires à ses études).

Mettant toutes les chances de son côté, la candidate obtient son diplôme non sans une certaine fierté. Elle a dû se battre avec un certain nombre de préjugés et de détracteurs qui se gaussaient d’avance devant son idée de reprendre des études après 50 ans.

Bien évidemment, la candidate n’attend pas la fin de ses études pour se mettre en quête d’un emploi. Elle adresse des centaines de candidatures spontanées auprès des organismes qui pourraient être intéressés par ses nouvelles compétences. De nombreuses réponses lui sont adressées, pleines d’encouragements, mais comprenant bien souvent une information inquiétante : le poste qu’elle se propose de pourvoir et pour lequel elle vient de décrocher un diplôme n’existe pas encore… et surtout, comble de l’horreur, il n’est pas répertorié dans les codes ROME (Répertoire Opérationnel des Métiers et des Emplois). Bref, grâce à sa reconversion professionnelle, la candidate diplômée passe d’INCASABLE à INCLASSABLE.

Souvenir d’une phrase prononcée par une assistante sociale sans intention de nuire : « Vous auriez dû réfléchir à deux fois avant de suivre votre conjoint dans les Pyrénées-Orientales. Il y avait un choix à faire entre votre travail et votre couple. Vous n’avez peut-être pas fait le bon choix ».

Martine Sol.


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