Grève des examens : c’est maintenant

lundi 3 juin 2019
par  Sud éducation 66

Cela faisait longtemps que les contestations de la politique éducative d’un gouvernement, quelle que soit sa couleur politique, n’avaient pas atteint une telle ampleur. Dans de nombreux départements, les luttes s’amplifient contre les réformes Blanquer du lycée et du bac et contre la loi Blanquer, la si mal nommée «  loi pour une École de la confiance  », dont le premier article révèle toute la méfiance du pouvoir à l’égard des personnels de l’éducation.
Le gouvernement ne s’y trompe pas : en réponse à ces mobilisations massives, il a mis en place une répression tout aussi massive. On ne compte plus les enseignant·e·s victimes de menaces (convocations au rectorat, «  lettres d’admonestation  ») ou carrément sanctionnés («  mutations dans l’intérêt du service  », poursuites disciplinaires). La fédération SUD éducation a d’ailleurs mis en place une cartographie(1) qui compte à ce jour une vingtaine de cas de répression de personnels qui, syndiqués ou non, ont subi de la part de la justice ou de l’administration de l’Éducation nationale, ces menaces ou ces sanctions, sans compter les violences physiques de la part des forces de police lors de diverses mobilisations. Il faut noter à ce sujet qu’un grand nombre de ces procédures, face à la solidarité des collègues, la mobilisation syndicale ou même au vide des dossiers, se sont soldées par des abandons des sanctions ou des reculs de l’administration.

Le gouvernement espère évidemment que, comme cela s’est trop souvent produit, le mois de juin marque la fin des luttes en même temps que celle de l’année scolaire. Allons-nous lui donner raison ? N’allons-nous pas plutôt nous emparer de ce formidable levier que constituent les examens de fin d’année (bac, DNB, CAP, BEP, BTS…) pour instaurer, enfin, un rapport de force en notre faveur ?
À SUD éducation, nous avons décidé de nous adresser à toutes les organisations syndicales en leur demandant de se prononcer sur la grève des examens afin de la construire, ensemble. Nous ferons connaître leurs réponses. En attendant, c’est à nous, dans nos établissements, de mettre en débat cette grève, la seule dans le contexte actuel qui puisse nous faire gagner. À l’argument, au demeurant recevable, de l’inefficacité des grèves d’un jour, la réponse est donc simple et claire : grève des examens !
Le gouvernement compte bien sûr sur notre «  conscience professionnelle  », et nul doute que si cette grève apparaît clairement dans le paysage syndical, nous serons accusé·e·s, selon la tristement célèbre et abjecte formule, de «  prendre les élèves et leurs familles en otages  ». À ceux qui, de bonne ou de mauvaise foi, nous diront que les élèves seraient les premiers à être pénalisés par une grève des examens, nous répondons : les élèves ne sont-ils pas les premiers à être pénalisés avant tout par les contre-réformes du lycée et du bac, sans parler de Parcoursup ? Les familles ne sont-elles pas les premières à être pénalisées par les attaques contre le statut de directrice et directeur d’école ? Et ce serait à nous d’avoir mauvaise conscience de nous battre pour les élèves et leurs familles, par le seul moyen que nous laisse le gouvernement, dont l’aveuglement et la surdité ont atteint un niveau rarement atteint ?
Rappelons que la grève des examens est parfaitement légale. Il n’y a aucune limitation du droit de grève dans l’Éducation nationale (seules sont concernées par des limitations la police, la justice, l’administration pénitentiaire, l’armée, etc.). La procédure de réquisition est prévue pour des cas graves, comme une «  menace sur une partie du territoire  ». On n’en est pas là ! Il existe enfin une procédure dite de «  désignation  », qui ne s’appuie sur aucune loi, seulement une certaine jurisprudence ; mais elle concerne essentiellement des fonctionnaires dont les missions sont indispensables à la sécurité des personnes et des biens, au bon fonctionnement des liaisons nécessaires au gouvernement, ou qui sont chargés de fonctions d’autorité.
Par ailleurs, comme d’habitude, SUD éducation déposera des préavis sur toute la période.
Nous le répétons donc, la grève des examens est parfaitement légale. Il est toutefois prévisible que, si elle débute, l’administration tentera de mettre la pression sur les personnels par divers moyens, comme des courriers plus ou moins officiels, comme elle le fait dans ces cas-là.
En ce qui concerne le premier degré, Jean-Michel Blanquer semble avoir reculé sur la création des «  établissements publics des savoirs fondamentaux  » qui prévoyaient de mettre les écoles sous la tutelle d’un principal adjoint. Mais les attaques contre le statut de directrice et directeur d’école justifient largement un mouvement de grève, qui serait d’autant plus efficace qu’il aurait lieu au même moment que celui des examens du second degré.
Un seul mot d’ordre, donc, pour cette fin d’année scolaire :

TOUTES ET TOUS EN GRÈVE AU MOMENT DES EXAMENS !

(1) Retrouvez cette carte sur le site web de SUD éducation : https://www.sudeducation.org/Repression-du-mouvement-social-dans-l-education-SUD-education-propose-une.html
Retrouvez également dans ce journal :
- le tract de SUD éducation «  Grève des examens !  » (pages 6-7)
- l’appel intersyndical à la grève pour le 17 juin, premier jour du bac (page 12)


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