Mourir au travail... Mourir du travail

mardi 9 juin 2015
par  Sud éducation 66

Fédération des syndicats Sud PTT

Le 2 décembre 2011, Jean Claude Lachaux, technicien d’Orange, chutait de sa « Plateforme Echelle » pendant son service. Il décédait le 23 décembre des suites de cet accident. Malgré les interventions répétées des représentant-e-s du personnel, la direction d’Orange s’était entêtée à maintenir cet outil inadapté qu’elle avait voulu pour répondre aux nouvelles règles du travail en hauteur... et surtout économiser 20 millions d’€ par an. Il aura fallu cet accident pour que ces « PFE » soient enfin retirées des services où elles étaient encore imposées. Le 27 mai 2015, la société Orange était convoquée devant le tribunal d’Aix-en-Provence pour « avoir involontairement causé la mort de Jean Claude Lachaux par maladresse, inattention, ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité imposée par la Loi ».

Le Code du Travail précise en effet que l’employeur a l’obligation de garantir la sécurité de ses employé-e-s en mettant à leur disposition un équipement de travail approprié.

La fédération Sud, imitée par la Cgt-Fapt des Bouches du Rhône, s’est portée partie civile aux côtés de la famille de Jean Claude. Le 27 mai, c’était aussi la date de la convocation de l’Assemblée Générale des actionnaires. Elle devrait confirmer la politique d’économies sur le personnel et les conditions de travail déterminée par la direction d’Orange. On ne devrait pas perdre sa vie à la gagner pour satisfaire les intérêts financiers des actionnaires.

Le 27 mai, l’avocate de Sud qui est également celle de la famille de Jean Claude Lachaux avait fait citer le directeur de l’Unité technique au procès mais celui-ci avait invoqué une réunion pour justifier son absence. Bien que sans certitude, les quelques 100 personnes présentes à l’appel de la CGT et Sud n’osaient pas penser que cette réunion était celle des actionnaires du groupe qui se tenait à Paris le même jour et avait rassemblé de nombreux directeurs et directrices d’Orange.

Une jurisprudence récente laissait penser qu’un non-lieu pouvait être prononcé car l’instruction ne visait que la personne morale Orange sans mentionner la personne physique à qui était délégué le pouvoir de la représenter. Le directeur local était absent et le tribunal a décidé de reporter le procès au 9 décembre.

Rien ne pourra réparer la violence de la disparition d’un collègue de travail mais nous espérons que la justice sanctionnera la responsabilité de la direction pour empêcher de nouveaux drames. Le report du procès devrait éviter les artifices de forme pour dissimuler la responsabilité d’Orange et le 9 décembre, il faudra être très nombreux-ses encore devant le tribunal d’Aix en Provence.


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