DIRECTION D’ÉCOLE : NON A LA PRÉCARITÉ !

samedi 10 juin 2006
par  Sud éducation 66

Par sa circulaire, datée du 19 mai 2006, l’I.A. compte accélérer le recrutement des Emploi Vie Scolaire (EVS) - Contrats d’Avenir dans chaque école et mettre en place ce dispositif dès la rentrée 2006. Elle y joint une fiche de postes. La décision doit être prise en trois jours. Ce qui nous laisse donc sceptiques sur la façon de solliciter l’avis des gens ! Les collèges de secteurs doivent entrer en contact avec l’ANPE pour obtenir la liste des candidats. Puis les inspections, avec l’aide des directeurs, recrutent sur entretien. Recrutement prévu pour 10 mois. Qu’adviendra-t-il de ces personnels au terme de leur mini-contrat (600 euros par mois) ?

Jusqu’à maintenant, seul le SE UNSA a signé le protocole d’accord sur la direction d’école. Le reste de la profession l’a refusé. Malgré cela le ministère a décidé de maintenir son projet créant un alourdissement des charges de direction (encadrement des PE2 pour les écoles à quatre classes, suivi des contrats d’avenir, …). Les directeurs sont en train de se voir transformés en véritables « agents » de recrutement de personnels précaires. En quoi cela représente-t-il une amélioration des fonctions de direction ? Est-ce que ces nouveaux personnels non qualifiés ne vont pas plutôt générer du travail supplémentaire ? En effet est-ce que dix mois suffisent à rendre des personnes efficaces dans le fonctionnement d’une école ? Les directeurs n’auront certainement pas la possibilité, étant donné le peu de temps dont ils disposent pour gérer l’administratif, d’avoir un regard sur les tâches importantes qu’ils devraient confier aux EVS. Elles leur reviendront donc comme le reste. Ce qui nous laisse très songeurs sur le gains de temps dont se pare le ministère pour justifier la mise en place de son dispositif.

Concernant l’accompagnement des élèves handicapés, c’est à nouveau une régression par rapport au recrutement des AVS, personnels bénéficiant d’une formation et d’une durée de contrat permettant une relative continuité.

Après la faible victoire des dernières luttes (retrait du CPE) et le maintien d’une institutionnalisation programmée de la précarité (LOF, CNE, …), pour Sud éducation, ce gouvernement ne fait que continuer dans sa logique de précarisation des personnels. Nos collègues-directeurs ne vont tout de même pas devenir des agents de recrutement de personnels précaires.

Pour Sud éducation, il faudrait davantage instaurer une réflexion sérieuse sur le travail, les responsabilités qu’implique la direction d’une école. Rien, dans cette circulaire, ne semble répondre aux besoins des écoles.

Sud éducation appelle les collègues :

  • à refuser ce recrutement,
  • à boycotter les commissions d’embauche,
  • à réaffirmer la nécessiter de création de postes d’enseignants pour répondre au problème du temps de décharge des directeurs.

Sud Education 66