ELCO... KEZAKO ?

lundi 18 décembre 2017
par  Sud éducation 66

Héléna Molin

Première partie de notre dossier spécial pour tout comprendre au bras de fer entre la mairie de Perpignan et la DSDEN des P.O. : on vous explique en quoi consiste le dispositif ELCO, son histoire, son sens originel, son évaluation et sa transformation en cours.

Que sont les ELCO ?
Les Enseignements de Langue et Culture d’Origine sont des cours de langues vivantes étrangères donnés à raison de 1h30 par semaine à des élèves volontaires en dehors des temps de scolarité obligatoires, à partir du CE1.

Pourquoi les ELCO ?
Ce programme est l’application d’une directive européenne datant de 1977 visant à l’origine à la scolarisation des enfants de travailleurs migrants. Les objectifs de ces enseignements sont premièrement de structurer la langue parlée dans le milieu familial, deuxièmement de favoriser l’épanouissement personnel des jeunes issus d’autres cultures et enfin de valoriser la diversification des langues à l’école [1].

Qui sont les enseignants et quelles sont les pays concernés ?
Les enseignements sont organisés sur la base d’accord bilatéraux avec 9 pays : l’Algérie, la Croatie, l’Espagne, l’Italie, le Maroc, le Portugal, la Serbie, la Tunisie et la Turquie. Ce sont les pays partenaires qui recrutent et qui payent les enseignants.
Sur place, l’enseignant d’ELCO est membre de l’équipe pédagogique et participe à ce titre aux conseils des maîtres et aux conseils d’école. Il doit également pouvoir participer aux actions de formation du PAF.

Quel est le rôle de l’Éducation nationale dans les ELCO ?
Le système éducatif français a une responsabilité directe dans la mise en place de l’ELCO. Les recteur·rice·s d’académie et les IA-DASEN affectent les enseignant·e·s mis·e·s à disposition et contrôlent ces enseignements, avec le concours des IEN.
L’IA-DASEN décide de l’organisation des enseignements (création, reconduction, fermeture d’un cours) aprés examen des effectifs, des conditions matérielles, et après information des municipalités (la mairie n’a aucun pouvoir décisionnaire, c’est important dans le cas qui nous intéresse !) et l’avis des commissions bilatérales départementales et nationales [2].

L’avenir des ELCO : la transformation en EILE
En 2016, Najat Vallaud-Belcacem a opéré une transformation des ELCO sur la base d’une évaluation critique du dispositif qui mettait en avant une qualité inégale des enseignants pas toujours bien formés, maîtrisant parfois mal le français et trop peu contrôlés.
L’ELCO évolue alors vers le dispositif d’Enseignements Internationaux de Langues Étrangères (EILE). Leur mise en œuvre a commencé à la rentrée 2016 avec le Portugal et le Maroc dans des départements pilotes en vue d’une généralisation à toutes les langues sur tout le territoire à l’horizon 2018 [3].
Dès la rentrée scolaire 2017, les élèves des EILE entrant au collège devaient pouvoir poursuivre l’apprentissage du portugais ou de l’arabe en classe de sixième bilangue, voire en section internationale de collège.
Contrairement à une intox qui avait pu se répandre à ce moment là, il n’a jamais été question de supprimer les ELCO mais de les “normaliser” dans le cadre général de l’enseignement des langues étrangères.


[1Source : site Eduscol

[2Source : Guide pratique pour la direction de l’école primaire, Eduscol

[3Note de service de la DGSCO aux recteur·rices datant du 7 juillet 2016


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