Nicolas Pierre La clinique du Pré à Théza a...

lundi 18 juin 2018
par  Sud éducation 66

Nicolas Pierre

La clinique du Pré à Théza a fait l’objet fin avril d’un mouvement de grève sans précédent. Les 72 salarié·e·s n’avaient pas été augmenté·e·s depuis 16 ans ! Des salaires réduits donc à la portion congrue sans treizième mois ni intéressement dans cet établissement de santé mentale appartenant au groupe familial VP investissement.

Ce groupe propriétaire de 22 autres établissements fait partie des quatre groupes qui exploitent plus de 40 % des cliniques psychiatriques privées à but lucratif (Orpéa, Ramsay santé, Inicea). Secteur très rentable malgré les récentes baisses de prix de l’Assurance Maladie qui n’ont à peine entamé les performances financières de ces cliniques privées. Proche de 10 %, leur rentabilité reste nettement supérieure à celle des établissements de soins de suite et de réadaptation ou des structures de moyen et court séjour. Ces cliniques gagnent en plus régulièrement du terrain au détriment des hôpitaux publics en manque cruel et constant de moyens.

Cette rentabilité impressionnante dans un secteur où nous ne devrions même pas en parler, est obtenue sur le dos des personnels dévoués corps et âme. Exemples : 16 ans d’ancienneté, 1279,95 € ou encore 36 ans d’ancienneté et seulement 1472,70 € nets par mois pour des aides soignantes !
Après comparaison, il s’avère qu’en moyenne à Théza, les salaires sont de 592 € de moins que dans le secteur public et même environ 200 € de moins dans le secteur privé de même convention.

De quoi se mettre en grève massivement et de demander des augmentations et de meilleures conditions de travail.

La direction a fini par lâcher après deux journées de mobilisation : 10 % d’augmentation du salaire de base, mensualisation de la Rémunération Annuelle minimale Garantie (RAG), augmentation de la prime du dimanche et jours fériés, affichage des résultats de l’établissement et s’ils le permettent la possibilité d’un treizième mois et l’augmentation des primes.
Bravo à ces salarié·e·s qui nous montrent que cohésion, détermination et solidarité finissent par faire plier le patronat toujours plus intéressé par les profits !